Il faut avoir un cœur de Nazaréenne, sous les caftans de brocart, pour songer avec angoisse au destin qui s’accomplit, pour démêler la révolte et le désespoir à travers les pleurs traditionnels d’une mariée...
Dans le palais de Mouley Hassan où l’on se prépare à recevoir l’aroussa, la magnificence dépassera, dit-on, celle des fêtes qui se déroulent ici.
Lella Fatima-Zohra, très dignement retirée dans ses appartements, ne saurait y assister, mais elle a donné ses ordres et prévu toutes choses afin que les noces de Mouley Hassan soient dignes de leur maison.
Tout est prêt.
L’époux s’impatiente.
Amenez la mule harnachée de velours et d’argent!
Allumez les cierges aux mains des jouvenceaux!
Frappez les instruments!
Voici que la vierge paraît! Autour d’elle, les danseurs bondissent, les tambourins s’agitent éperdus, les torches répandent leur lumière vacillante et dorée.
Et les gens, attardés dans la nuit, s’émerveillent au passage fantastique du cortège nuptial, tandis que, droite, rigide, sous ses voiles de pourpre et d’or, mystérieuse amazone éblouissante, la mariée pleure.