— Celui qui est rassasié n’a pas de mal à respecter le couscous d’autrui.

— Il ne saurait y avoir, pour notre Rita, de meilleur parti que son fils.

— A présent, Si Taleb n’a rien à faire qu’à se promener tout le jour.

— Par le Prophète !… on dit que Sidi Nojjar[54] est souvent le but de ses sorties…

[54] Quartier des courtisanes.

— Eh ! sans doute… Il manque une épouse dans sa maison.

— C’est pourquoi Si Hamou tient à le marier jeune…

Malgré l’intérêt de cet entretien, Rita fatiguée par les émotions, ne tarda pas à s’endormir.

Une semaine passa, toute semblable aux autres en apparence, mais les femmes s’énervaient de ne pas voir venir la visite escomptée. Chaque coup frappé à la porte les faisait tressaillir et leur dépit augmentait de jour en jour.

Rita, la plus déçue, affectait de rire et de chanter pour dissimuler son amertume de n’avoir pas été jugée assez jolie.