A l’Ouest, pays de plaines, de marécages, nous ne trouvons que quelques rares collines peu élevées, le sol est faiblement vallonné et ne présente, pour ainsi dire, pas de villages dignes d’être mentionnés. Nous ne citerons que la série de petites collines qui longent, à deux kilomètres environ, la rive gauche de la Gambie.

A l’Est, au contraire, nous sommes en plein pays de montagnes. Nous trouvons d’abord sur la rive droite de la Gambie une chaîne de collines assez élevées qui longe le fleuve à quelques centaines de mètres parfois, deux kilomètres au plus. Cette chaîne n’est interrompue que pour donner passage aux marigots qui arrosent cette partie du Niocolo. Ces collines sont relativement élevées et il en est qui atteignent jusqu’à 100 et 125 mètres de hauteur. Nous pourrions dire qu’elles forment la partie Ouest d’une ceinture de hauteurs qui, passant par le Dentilia, le désert de Coulicouna et le Bélédougou, entoure un pays inhabité, véritable plateau rocheux inculte où aucune culture ne peut être tentée. Ces collines émettent de petits contreforts qui longent les marigots qui se jettent dans cette partie de la Gambie et qui arrosent les plaines argileuses du Dentilia.

A l’Ouest de la Gambie, nous avons une série de collines disposées d’après un certain ordre, qui permet d’en donner une description méthodique. C’est d’abord au Nord, un massif assez important aux environs du village de Nana, d’où partent les séries de collines que l’on trouve aux environs de Tamborocoto, Maroucoto, Baïsso, Bantaco, Potaranké, Bantata et Sacoto. Ces collines sont assez élevées, 150m environ, et l’on peut dire qu’elles forment les derniers contreforts des montagnes du Fouta-Diallon qui viennent mourir ici sur la rive gauche de la Gambie, après avoir constitué cette sorte d’arête centrale qui traverse le Kolladé, le Tamgué et le Sabé.

Outre ce système orographique Nord, nous trouvons, en outre, dans cette partie du Niocolo, deux chaînes de collines qui, se rattachant au massif que nous venons de décrire, se dirigent l’une au Sud-Est, en longeant la rive gauche du fleuve, et l’autre directement au Sud en formant la ligne de démarcation véritable entre la région des plaines et la région montagneuse.

La première chaîne de collines dont nous venons de parler se détache du massif Nord aux environs de Tamborocoto et vient se terminer non loin de Kédougou. Elle est interrompue par endroits pour livrer passage aux marigots qui se jettent dans la Gambie. Le long de ces marigots, se trouvent de petits contreforts qui vont rejoindre la chaîne Ouest.

Cette chaîne naît du massif Nord aux environs de Baïsso et se dirige directement au Sud jusqu’à près de Landuni, où elle s’épanouit en un nombre assez grand de rameaux secondaires que l’on trouve aux environs de Saréfitari, Tiokitian et Pataschi.

Outre ces hauteurs principales dont nous venons de parler, on rencontre encore dans le Niocolo bon nombre de collines isolées et ne se rattachant à aucun système. En les voyant on se demande comment elles ont bien pu se former. Parmi celles-ci, nous citerons particulièrement les collines qui entourent Sacoto, celles d’Itato et enfin celles que l’on trouve sur la route du Dentilia à quelques kilomètres de la rive droite de la Gambie.

En résumé, d’après ce que nous venons de dire, il est facile de conclure que le système orographique du Niocolo forme un tout bien net et qu’il appartient au grand système du Fouta-Diallon dont il peut être considéré comme le rejeton ultime.

Constitution géologique du sol. — Le Niocolo tout entier appartient, nous pouvons dire, au point de vue géologique, à la période secondaire. Sans doute dans sa partie ouest et dans les vallées de certains marigots, nous trouvons des argiles, des alluvions de formation plus récente ; mais le sous-sol lui-même sur lequel elles reposent appartient à la période primaire de même que l’ossature, le squelette du pays, si nous pouvons nous exprimer ainsi. C’est à cette époque qu’ont dû émerger et le Niocolo tout entier et les massifs du Sabé et du Tamgué. Certes, il n’est guère facile de s’y tromper si on considère combien les roches sont usées et limées. Issu des soulèvements de la période secondaire, le Niocolo tout entier a dû être ensuite recouvert complètement par les eaux lorsque la croûte terrestre a été assez refroidie pour que les vapeurs contenues dans son atmosphère puissent se condenser à sa surface. Combien de temps dura ce déluge et combien de temps le Niocolo resta-t-il submergé, nul ne le pourrait dire. Mais ce que l’on peut affirmer, c’est que cette période fut très longue, à en juger par les traces qu’elle a laissées et qui sont encore évidentes, malgré les milliers d’années écoulées.

Si nous considérons le sous-sol dont est formé le Niocolo, nous y trouvons deux sortes de terrains, le terrain ardoisier caractérisé par des schistes de toutes sortes. C’est le terrain de la région Ouest et celui d’une partie de la contrée comprise entre les deux chaînes de collines parallèles dont nous avons parlé plus haut. C’est aussi le terrain d’une partie des rives et du lit de la Gambie. On le rencontre enfin aussi dans la plaine qui confine au Dentilia. En second lieu, nous avons cette sorte de terrain que nous désignons sous le nom de terrains secondaires et dont les roches principales et les plus communes sont : des quartz, des grès et des conglomérats ferrugineux. Les collines de la partie montagneuse en sont presque uniquement formées.