Du jour où ils sont venus l’habiter, les Damfakas n’ont pas quitté le Dentilia. Il leur a toujours appartenu et ils l’ont toujours dirigé. Les uns sont musulmans et les autres non. Mais il est facile de constater combien la religion du prophète y fait chaque année de rapides progrès. Aujourd’hui, buveurs de dolo et marabouts sont à peu près en nombre égal ; mais ce jour n’est pas éloigné où tous feront salam.

Peu après leur installation, on ne tarda pas à apprendre dans le Bambouck combien la nouvelle colonie était prospère et quelle sécurité y régnait. Aussi, bon nombre de familles malinkées quittèrent elles le Bambouck pour venir habiter avec les Damfakas ; c’est ainsi que nous trouvons dans le Dentilia des Cissés et des Camaras qui sont musulmans, des Dabos et même des Sisokos qui ne le sont pas. Ils n’ont pas formé de villages spéciaux, et habitent avec les Damfakas avec lesquels, par des unions fréquentes, ils finiront par se confondre.

A quelle époque l’islamisme fit-il sa première apparition dans ce pays, nous ne saurions le dire ? Tout porte à croire cependant que cette date est encore très récente, car leur religion est encore mélangée de pratiques et de superstitions que nous retrouvons vivaces chez les Malinkés qui ne se sont pas encore convertis.

La population entière du Dentilia est d’environ neuf mille habitants. Ce pays, comme on le voit, est relativement peu habité, mais si l’on ne tient compte que de la partie où s’élèvent les villages, la population y est au contraire très dense. Relativement à sa superficie totale, il n’y aurait que deux habitants par kilomètre carré. Mais la partie habitée n’ayant, à peu près, que 1,200 kilomètres carrés de superficie, la population y aurait une densité de 7 habitants par kilomètre. Voici la liste des villages Malinkés du Dentilia :

Villages Malinkés duDentilia.
Médina-Dentilia.Dioulafoundou.
Badioula.Nafadgi.
Sekoto.Sita-counda.
Sekoto-Kokaba.Dalafi.
Saraïa.Diacorea.
Bandiciraïla.Barbri-Médina.
Sanela.Gondoko.
Barocoumbaïa.Baïtillaë.
Binéa.Diabérécoto.
Bembou.Bani-Bani.
Samé.Daloto.

Outre ces village Malinkés, il existe encore dans le Dentilia trois autres villages qui sont habités par des Diakankés venus du Bondou, chassés par les exactions des Almamys. Ce sont :

Samécouta.Balalori.Diaka-Médina.

Les villages Malinkés du Dentilia n’ont pas l’aspect que présentent les autres villages de cette race. Ils sont plus propres et mieux entretenus. Le mode de construction des habitations et des tatas est le même. Nous l’avons décrit plus haut. Nous n’y reviendrons pas. Quant à l’intérieur des villages, il est toujours et dans tous d’une saleté repoussante. Les rues sont couvertes d’immondices de toute nature et, seuls, les chiens sont chargés du service de la voirie.

Le Malinké, buveur de dolo, est là ce qu’il est partout ailleurs, sale, puant, dégoûtant, suant la vermine, vantard, pillard, paresseux et ivrogne fieffé.

Tout autre est le Malinké musulman ; il est un peu plus policé. Il est plus propre et ne boit jamais, du moins en public. Il ne vaut certes pas mieux que ses congénères. Il est comme lui vantard et paresseux. Par contre, il est beaucoup plus brave. Mais il est supérieurement hypocrite et sait cacher ses défauts sous des dehors plus séduisants et moins repoussants.