Le Ouli. — Situation. — Limites. — Aspect général du pays. — Hydrologie. — Orographie. — Constitution géologique du sol. — Flore. — Productions du sol. — Cultures. — Faune. — Animaux domestiques. — Populations. — Ethnologie. — Rapports du chef du pays avec les différents villages. — Rapports du Ouli avec les autorités françaises. — Conclusions.

Le Ouli.Situation.Limites. — Le Ouli, comme tous les États Noirs, n’a pas de limites bien déterminées et n’a, pour ainsi dire, pas de frontières naturelles. Il n’y a qu’au Sud et au Sud-Ouest qu’elles soient, depuis peu, du reste, définitivement fixées. Toutefois, nous pouvons dire qu’il est à peu près compris entre les 12° 25′ et 16° 27 minutes de longitude ouest et les 13° 16′ et 13° 46′ de latitude Nord. Au Nord, il confine au Kalonkadougou ; à l’Ouest, au Sandougou ; au Sud, il est borné par la Gambie qui le sépare du Kantora. Au Nord-Est, il confine au Ferlo-Bondou et au Diaka. Enfin, à l’Est, il touche au Tenda. Si nous prenons sa ligne frontière à la Gambie, au Sud de Toubacouta, nous verrons qu’elle se dirige d’abord, du Sud-Est au Nord-Ouest, jusqu’au marigot de Maka-Doua qui le sépare du Sandougou. De là, elle se dirige directement au Nord jusqu’aux environs de Paquira. Elle passe là entre ce dernier village, qui est du Ouli, et Diabaké, qui est du Kalonkadougou. De là, elle se dirige au Sud-Est jusqu’au marigot de Kokiara, qui sépare le Ouli du Ferlo-Bondou. Les ruines de l’ancien village de Kokiara appartiennent au Ouli. En quittant ce point, la ligne frontière se dirige au S.-S.-O. jusqu’aux environs des ruines de Moundoundou qui sont au Ferlo-Bondou. Des ruines de Moundoundou, sa direction est Sud-Est jusqu’au marigot de Touloufa près de la mare de Pireté. De ce point, sa direction est franchement S.-S.-E. jusqu’à la Gambie, où elle aboutit. De là, à l’embouchure du marigot de Maka-Doua, la Gambie forme la frontière Sud du Ouli. Les limites que nous venons de donner sont celles que avons pu obtenir par renseignements ; mais, nous le répétons, elles n’ont rien de certain et ne peuvent être qu’approximatives.

Le Ouli, comme on le voit, est un pays assez étendu. Il mesure dans ses plus grandes dimensions, de l’Est, à l’Ouest, 130 km. et du Nord au Sud, 70 km. Ces mensurations, bien entendu, sont faites à vol d’oiseau et d’après renseignements. Elles n’ont donc rien d’absolument exact. On comprendra aisément, d’après ce qui précède, qu’il soit impossible de lui assigner une forme quelconque.

Description géographique.Aspect général. — Si l’on visite le Ouli, ou pourra reconnaître facilement que l’aspect du pays change presque brusquement du Nord au Sud. La partie Nord, environ jusqu’à Konjour, Sini, Nétéboulou, appartient à cette sorte de zone intermédiaire entre les pays arides, les steppes de la Sénégambie et les pays de forêts des régions tropicales qu’arrosent les rivières du Sud. La partie Sud qui s’étendrait depuis la ligne mentionnée plus haut jusqu’à la Gambie appartient absolument à la région tropicale du Sud. Du reste, ces différences apparaîtront plus frappantes encore, lorsque nous traiterons de la géologie et de la flore du pays. Quoiqu’il en soit, l’aspect général du Ouli diffère absolument de celui des autres pays du Soudan français. On s’aperçoit rapidement que l’on parcourt une région fertile, et l’on n’éprouve pas cette pénible sensation que nous donnent les solitudes arides et désolées des environs de Badumbé et du Fouladougou, par exemple. Nulle part, dans le Ouli, on ne trouve de ces collines nues et stériles, comme on en voit aux environs de Kita, Koundou et même Bammako. En tout temps, celles du Ouli, surtout dans le Sud, sont couvertes d’une puissante végétation qui plaît à l’œil du voyageur et le repose. Tout autre est l’aspect du pays compris entre le Kokiara, Tambacounda, Nétéboulou, Dialakoto et la Gambie. Cette partie du Ouli, absolument déserte et inhabitée, rappelle les environs du Tankisso et de Siguiri. C’est la brousse absolue, dans toute l’acception du mot, et sur les bords de la Gambie le marais infect et pestilentiel. C’est la région des grandes solitudes Soudaniennes, le pays qu’habitent de préférence les éléphants et le sanglier. Ce sont les territoires des grandes chasses des gens du Tenda.

Bords de la Gambie (entre Dialacoto et Nétéboulou).

Hydrologie. — A ce point de vue, le Ouli tout entier appartient au bassin de la Gambie. Ce fleuve, qui forme la frontière sud, reçoit tous les marigots qui arrosent le Ouli. Presque tous ont de l’eau pendant l’année entière, plus ou moins croupissante, mais enfin, ils en ont. Pendant l’hivernage, le fleuve et les marigots débordent et l’inondation couvre de très grandes étendues de terrain. Les eaux, en se retirant, laissent déposer un limon très fertile où les indigènes, à la fin de la saison sèche, font leurs plus belles rizières. Quoiqu’il en soit, l’inondation n’atteint jamais une hauteur considérable, 20 à 30 centimètres au plus. Cela tient à ce que le fleuve et les marigots sont profondément encaissés.

De Dialacoto au marigot de Maka-Doua, la Gambie a un cours, excessivement sinueux. Elle se dirige d’abord d’une façon générale du Sud-Est au Nord-Ouest, jusqu’au marigot de Bira-Kô. Elle reçoit dans ce parcours deux marigots : le Niéri-Kô et le Bira-Kô.

Le Niéri-Kô est, après le Sandougou, le plus important de la région. C’est une véritable rivière. Dans le Ouli, il ne reçoit que le Touloufa-Kô non loin duquel se trouve le petit village de Dialacoto. A 25 kilomètres environ au Nord-Ouest du Niéri se jette le Bira-Kô, marigot de peu d’importance.

Du Bira-Kô, la Gambie se dirige au Sud-Ouest puis brusquement au Nord-Ouest jusqu’au Faraba-Kô, formant ainsi un vaste coude qui embrasse toute la partie Est du Ouli qui est inhabitée.