La région du Sud est, au contraire, puissamment arrosée, non pas qu’il s’y trouve beaucoup de marigots, mais parce que le sol est, pour ainsi dire, imprégné par les eaux d’infiltration et cela à une distance assez considérable du cours du fleuve. Il en résulte de véritables marécages qui, pendant l’hivernage, sont transformés en magnifiques rizières et qui se dessèchent pendant la saison sèche, laissant à nu une couche assez épaisse de vases et d’argiles. Le pays est parsemé de mares peu profondes, à fonds d’argiles et de vases qui se dessèchent également pendant la saison sèche.
Le Sandougou, de son embouchure entre Paddy et Fory, jusqu’aux environs de Sandougoumana, où il se divise en deux branches, est un large marigot de 60 à 70 mètres environ de largeur et excessivement profond. Entre ces deux points extrêmes, en toute saison, l’eau y coule claire et limpide. Non loin de ses bords, sur les deux rives, s’élèvent des villages relativement nombreux. On a pu remarquer à ce propos que les rives de la Gambie étaient peu peuplées. Les villages que l’on y rencontre sont assez éloignés du fleuve. Il en est de même pour le Sandougou. Cela tient à ce que les bords du fleuve sont, pendant l’hivernage et pendant une bonne partie de la saison sèche, transformés en véritables marais absolument inhabitables.
En résumé, l’hydrologie du Sandougou est des plus simples : deux grands cours d’eau, la Gambie et le Sandougou. Pas de marigots proprement dits, mais de véritables criques que forment dans l’intérieur des terres les nombreux détours que présente le fleuve. La région Nord absolument aride, la région Sud, au contraire, couverte de mares et de marais produits par les infiltrations souterraines, transformées en rizières pendant l’hivernage et à sec pendant la saison sèche.
Orographie. — De ce que nous venons de dire de l’hydrologie du Sandougou, on peut facilement en déduire ce que peut être son orographie. Dans la région Nord, terrain absolument plat, quelques dunes de sables ou d’argiles compactes et voilà tout. Pays à peine vallonné. Dans la région Sud, nous ne trouvons à mentionner comme reliefs de terrain appréciables que la chaîne de petites collines qui longe la Gambie à environ 1500 mètres de sa rive et que nous retrouvons dans tout le cours de ce fleuve, sauf dans une certaine partie du Tenda. Ces collines sont peu élevées. Elles n’ont guère plus au maximum de trente à quarante mètres au-dessus du niveau du fleuve, et elles sont excessivement boisées. Par-ci par-là, on trouve, en outre, quelques petites collines d’un ou deux kilomètres de longueur sur 500 mètres ou un kilomètre de largeur et venues là on ne sait d’où ni comment. Elles semblent placées dans les plaines, comme de véritables buttes de tir et sont couvertes d’arbres. Leurs flancs sont assez à pic, et, de ce fait même, profondément ravinés par les pluies de l’hivernage.
De même que sur les bords de la Gambie, nous avons remarqué une petite chaîne de collines, de même il en existe une semblable le long du Sandougou, ces collines n’atteignent pas plus d’une dizaine de mètres de hauteur et sont formées d’argiles et non de roches, comme les précédentes. Ce sont plutôt de légères ondulations du sol que des collines véritables.
Constitution géologique du sol. — A ce point de vue, nous considérons dans le Sandougou deux régions bien distinctes : la région Nord et la région Sud. Nous avons indiqué plus haut la ligne qui pourrait les séparer.
Dans la région Nord région de steppes soudaniennes, nous trouvons à peu près les mêmes terrains que dans le Kalonkadougou et la partie Nord du Ouli auxquels, du reste, elle confine. Une couche épaisse de sables, soit alluvionnaires, soit produits par la désagrégation des roches par les pluies d’hivernage, recouvre par endroits une couche plus épaisse d’argiles compactes. En d’autres lieux, cette première couche fait absolument défaut et on trouve de suite les argiles. Le sous-sol est généralement formé de terrains ardoisiers, dont les schistes apparaissent à nu en certains endroits, schistes lamelleux et micacés surtout. Ailleurs, et le fait est assez rare, nous trouvons quelques grès et quelques quartz. La roche et le conglomérat ferrugineux font presque partout défaut. On n’en trouve que quelques rares échantillons semés par-ci par-là, on ne sait ni comment ni par qui, véritables cailloux roulés, blocs erratiques qui ont dû être entraînés dans ces régions désolées par les inondations. Il est facile de voir, du reste, qu’ils sont en voie rapide de désagrégation. La latérite fait absolument défaut.
Telle est la constitution géologique du sol de la région méridionale du Sandougou. A mesure que nous descendons dans le Sud, l’aspect du terrain change absolument. Les sables du Nord et les argiles disparaissent quand on approche de la Gambie. Elles font place à un tout autre terrain qui mérite une description toute particulière.
Tout d’abord le sous-sol n’est plus le même. Les schistes du terrain ardoisier ont disparu pour faire place aux quartz, grès et conglomérats ferrugineux. Par-ci, par-là, la roche émerge au-dessus de la croûte terrestre et forme ces collines isolées, rouges, dont nous avons parlé plus haut. Ailleurs ce sont de vastes plateaux rocheux, creusés parfois en cuvettes remplies d’eau pendant la saison des pluies. Plus on approche de la Gambie et plus le sous-sol rocheux est profondément enfoui sous une épaisse couche de terres fertiles et cultivées. Cette couche diffère suivant les endroits où on l’étudie. Au nord, au point où commence la région méridionale, elle est formée d’une couche peu épaisse de latérite que recouvre un sable excessivement fin, produit par la désagrégation des roches cristallines. Plus au sud, nous avons bien toujours la même couche de latérite ; mais les sables ont disparu et ont fait place en certains endroits à une couche relativement épaisse d’humus, et, en d’autres, dans les marais, à une couche vaseuse qui repose elle-même sur une couche épaisse d’argiles compactes.
Ainsi que nous l’avons dit plus haut, les rives de la Gambie à un kilomètre environ à l’intérieur des terres sont couvertes de marécages pendant l’hivernage, et, pendant la saison sèche, présentent une couche relativement épaisse d’alluvions récentes, séchées, durcies et profondément fendillées par l’action du soleil et du vent d’Est.