L’Anacarde ou Acajou à pommes (Anacardium occidentale, L.), famille des Térébinthacées, est relativement rare dans ces régions. On ne le rencontre guère que dans le Konkodougou et le Niocolo. C’est un arbre de taille moyenne, qui croît généralement dans les terrains humides. Ses feuilles sont simples, ovales, obtuses au sommet. Ses fleurs sont disposées en panicules terminales ; leur corolle, plus longue que le calice, est à cinq divisions. Le fruit, qui est connu sous le nom de Noix d’acajou, est réniforme, à péricarpe coriace, creusé d’alvéoles remplies d’une huile visqueuse, noirâtre et caustique. Amande blanche, réniforme, huileuse, de saveur douce et agréable. La noix d’acajou est suspendue, par sa base plus renflée, à l’extrémité supérieure d’un corps charnu, piriforme, dû au développement anormal du réceptacle. Ce corps, nommé Pomme d’acajou, est sucré, acidulé, un peu âcre.

L’écorce de l’anacarde donne à l’incision une résine jaune et dure que l’on désigne sous le nom de Gomme d’anacarde. Les feuilles de ce végétal sont riches en tannin et pourraient être utilisées avec avantage pour préparer les peaux d’animaux.

Le Manguier (Mangifera indica, L., Mangifera domestica, Gærtn) appartient encore à la famille des Térébinthacées. Il est excessivement rare. D’après Avequin, l’amande de son fruit est très astringente et contient beaucoup d’acide gallique.

Le Rhus typhina, L., Térébinthacées, est beaucoup plus commun. C’est un beau végétal qui présente les caractères suivants : fleurs polygames ; calice à cinq divisions persistantes, cinq pétales ovales étalés ; cinq étamines à filets courts ; ovaire uniloculaire ; trois styles très courts. Le fruit est une drupe monosperme. L’écorce de cet arbre contient une grande quantité de tannin. Les feuilles et le fruit sont relativement moins riches. Les indigènes utilisent de préférence les feuilles et l’écorce.

L’écorce du Touloucouna (Carapa touloucouna, L., ou Carapa guyanensis, Guill.) contient également de notables proportions de tannin. Nous parlerons, du reste, plus loin plus longuement de cet intéressant végétal.

Nous n’insisterons pas davantage sur les végétaux que notre industrie pourrait utiliser pour le tannage. Il est facile, en effet, de se faire une idée à peu près exacte de la valeur de ces différentes essences, si on songe qu’avec les moyens si primitifs dont disposent les noirs, ils arrivent à fabriquer des cuirs d’une grande solidité et d’une souplesse remarquable.

III. — Plantes oléagineuses.

Les plantes oléagineuses sont nombreuses et leurs graines riches en matières grasses. Nous citerons en première ligne l’arachide (Arachis hypogæa, L.). Elle appartient à la famille des Légumineuses césalpiniées. Elle est cultivée dans toute notre colonie du Sénégal et au Soudan français. Celles de la Gambie sont particulièrement recherchées et jouissent dans le commerce d’une faveur bien méritée. C’est une plante herbacée, radicante, annuelle, à tige et rameaux cylindriques, pubescents ; feuilles engainantes, composées de deux paires de folioles, inflorescence axillaire au cyme unipare, biflore, fleurs hermaphrodites, parfois polygames, subsessiles, calice gamosépale à cinq divisions et à préfloraison quinconciale ; corolle gamopétale, papilionacée ; 10 étamines monadelphes, l’antérieure stérile ; ovaire supère 3-4 sperme ; style long, pubescent à l’extrémité ; pas de stigmate ; ovules anatropes, ascendants ; fruit sec indéhiscent, testacé, porté à l’extrémité d’un long pédoncule porté à l’aisselle des feuilles ; embryon homotrope, à radicule infère ; cotylédons huileux. Après la fécondation, le pédicule floral s’allonge vers le sol et y fait pénétrer l’ovaire qui s’enfonce jusqu’à une profondeur de 5 à 8 centimètres, grossit et se transforme en une gousse un peu étranglée en son milieu ; cette gousse est longue de 25 à 30 millimètres et épaisse de 9 à 14. Elle est composée d’une coque blanche, mince, réticulée, contenant 1-4 semences rouge vineux au dehors, blanches au dedans, et d’un goût rappelant assez celui de la noisette.

Ces graines donnent une huile d’excellente qualité qui peut remplacer dans tous ses usages et sans inconvénient l’huile d’olives.

Depuis que le commerce des arachides a pris une extension considérable et telle que l’on peut dire qu’il est le plus important de la côte occidentale d’Afrique, les indigènes cultivent cette plante avec beaucoup plus de soin et sur une plus grande échelle. La production en augmente chaque année, et elle serait bien plus considérable encore si les procédés de culture n’étaient pas aussi primitifs.