L’Anacarde (Anacardium occidentale, L.), Térébinthacées, produit un fruit renfermant également un suc oléagineux. Cette huile rancit à l’air et n’a encore été utilisé qu’en pharmacie.

Le Cocotier (Cocos nucifera, L.), Palmiers, ne croît dans le bassin de la Gambie que dans la zone maritime. Il affectionne particulièrement les terrains sablonneux. Son amande mûre est comestible et donne, par expression, la moitié de son poids d’une huile incolore très employée dans la savonnerie. Cette huile, lorsqu’elle est ancienne, a une odeur très forte et ne peut plus servir qu’à la stéarinerie. Elle est fluide au-dessus de 18°. Au-dessous de cette température, elle se solidifie et devient alors blanche et opaque. Les savons fabriqués avec elle moussent beaucoup, mais sont très cassants. Elle est formée par un mélange de divers glycérides dont l’acide gras (ac. cocinique et ac. cocostéarique) est peu connu et paraît être composé par de l’acide laurique additionné d’acides palmitique et myristique.

Ce végétal se développe rapidement et ne demande aucune culture. D’après certains auteurs, un cocotier adulte donnerait chaque année un rendement qui peut être évalué à 20 francs environ.

La Luffa acutangula, Roxb. donne des graines qui contiennent également une notable quantité d’huile.

Le Niattout (Bdellium africanum, Balsamodendron africanum, Arnott), Burséracées, donne une huile volatile peu utilisée que l’on extrait du bdellium.

IV. — Plantés médicinales.

Les végétaux de cette catégorie sont excessivement nombreux dans tout le bassin de la Gambie et la pharmacopée indigène est d’une richesse remarquable. Nous ne nous occuperons ici que des principales et passerons sous silence toutes celles si nombreuses auxquelles les noirs attribuent des vertus plus ou moins problématiques.

Le Belancoumfo (Ceratanthera Beaumetzii, Heckel) a été pour la première fois étudié par M. le professeur Heckel, de la Faculté des sciences de Marseille. Il appartient à la famille des Scitaminées, tribu des Mantisiées. Ce végétal croît un peu partout dans ces régions. Il aime surtout les marigots à eau limpide et courante. C’est un purgatif et un tænifuge énergique. Les indigènes du Soudan et de la Haute-Gambie s’en servent couramment ; mais ils en utilisent principalement les propriétés purgatives. Nous l’avons trouvé en grande quantité dans le Tenda, le Gamon, le Dentilia et le Badon. Nous en avons également relevé quelques échantillons dans le Tiali, mais en petite quantité. Il est à la côte occidentale d’Afrique ce qu’est le kousso à la côte orientale. On trouve sur tous ses marchés ses rhizomes qui sont seuls employés, et il est connu de toutes les peuplades qui habitent nos colonies du Sénégal, du Soudan et des Rivières du Sud. Les Mandingues de la Gambie le nomment Belancoumfo ; les Soussous, Gogoféré et Gogué ; les Sosés, Baticolon ; les Mandingos, métis portugais de la Casamance, Cassiou ; les Ouolofs, Garaboubiré ; les Malinkés du Soudan, Dialili ; les Bambaras, Baralili ; les Kroumans, Paqué ; les Timnés, Abololo ; les Akous, Bachunkarico ; les Pahouins du Gabon, Essoun ; les Peulhs, les Toucouleurs, les Sarracolés, Dadigogo (nom formé des deux mots dadi, racine, et gogo, nom proprement dit de la plante). Quoi qu’il en soit, au Soudan, au Sénégal et dans les Rivières du Sud, c’est surtout sous les noms de Belancoumfo et de Dadigogo que ce végétal est le plus connu.

Arrivée à complet développement, cette plante mesure environ 1 mètre à 1m50 de haut. Elle a absolument l’aspect d’un roseau flexible, qui s’incline facilement dans le sens du courant du marigot où elle croît. Ses feuilles ont environ de 12 à 15 centimètres de long sur 3 à 5 de large. Elles sont d’un beau vert, légèrement velouté à la face supérieure. La face inférieure est plus pâle et la nervure médiane y est fortement accusée. Leur pétiole est très allongé et fortement engainant dans la moitié de sa longueur environ.

Ce végétal présente au point de vue floral un dimorphisme tout particulier. Les fleurs apparentes, d’après les renseignements qui nous ont été donnés, sont d’une belle couleur jaune orangé. M. le Dr Heckel, de la Faculté des sciences de Marseille, qui a étudié ce végétal dans tous ses détails, a reconnu que ces fleurs étaient stériles et que les fleurs clandestines, cleistogames, étaient seules fécondes.