Les variétés de gros mil les plus communes dans la Haute-Gambie sont : le gadiaba, le guessékélé, le baciba, le hamariboubou, le madio.

Le gadiaba demande des terrains argileux comme, du reste, toutes les variétés de gros mil. Sa tige est très élevée. Les axes de ses panicules sont très longs et très nombreux. Ils portent à leur extrémité libre une graine de la grosseur d’un pois dont l’enveloppe est noirâtre.

Le guessékélé est cultivé un peu partout. Il ressemble beaucoup comme port au gadiaba ; mais il en diffère par ses panicules dont les axes sont peu fournis et beaucoup plus longs. Sa graine dépourvue de son enveloppe, moins noire que celle du précédent, est d’un beau blanc nacré. C’est le mil nacré, très recherché pour les animaux. Il est tendre et se broie facilement.

Le baciba a le même aspect que les précédents, mais ses feuilles sont plus courtes et plus larges. Ses panicules sont relativement courtes et leurs axes moins longs que ceux des variétés dont nous venons de parler. La couleur de ses grains est rouge, ainsi, du reste, que les détritus que donne la préparation de sa farine. Il est surtout employé par les indigènes pour la fabrication de leur couscouss. Son grain très dur est difficilement broyé par les animaux. Aussi doit-on éviter de l’employer pour leur alimentation à l’exclusion des autres, car il peut parfois déterminer de graves occlusions intestinales. Il importe de ne pas le confondre avec le mil rouge de Sierra-Leone, qui est une autre variété tout aussi mauvaise pour les chevaux.

Le hamariboubou diffère des précédents par sa panicule dont les axes sont excessivement courts, ce qui la fait ressembler à un véritable pain de sucre. La taille de la plante ne dépasse jamais 1m50 à 2 mètres, et ses grains sont enveloppés par une pellicule de couleur roussâtre caractéristique. Le rendement de ce mil est considérable. C’est la plus productive de toutes les variétés.

Le madio est la seule espèce de gros mil dont la panicule porte des axes si rapprochés et si courts qu’on pourrait la confondre avec un véritable épi. Il ressemble comme forme au millet que nous donnons en France aux oiseaux. Arrivé à maturité, les panicules ont une couleur brunâtre caractéristique. Leur longueur est d’environ 30 à 35 centimètres. Il n’en vient généralement qu’une seule à l’extrémité de la tige dont la hauteur ne dépasse pas deux mètres. Les feuilles sont longues et très étroites en forme de fer de lance. Une des enveloppes de la graine se termine, à son extrémité libre, par un filament de plusieurs centimètres (5 ou 6) de longueur qui tombe à maturité. La graine, dépourvue de ses enveloppes, qui sont moitié blanches et noires, a une belle couleur d’un blanc mat. On le récolte un des premiers.

Les variétés de petit mil les plus communes dans la Haute-Gambie sont : le souna, le sanio, le n’guéné.

Le souna est, de toutes les variétés de mil, celle qui arrive le plus rapidement à maturité. Semé en juillet, on peut le récolter en septembre et en octobre. Sa tige est de petite taille. Ses feuilles, très étroites et très longues, sont peu nombreuses, huit ou dix au maximum par pied. Sa panicule est relativement longue, 30 à 35 centimètres environ, et ses axes sont si courts que son diamètre à la partie moyenne ne dépasse pas 1 centimètre et demi. Contrairement au madio, l’enveloppe de sa graine ne se termine pas en filament. La graine, très petite, égale en grosseur la moitié de celle du gros mil. Elle est d’un blanc mat et est très difficile à décortiquer. Sa farine donne à la cuisson un couscouss fort apprécié.

Le sanio ressemble beaucoup à ce dernier. Par exemple, il ne mûrit que longtemps après lui, vers le milieu de novembre. Quand il est mûr, ses panicules diffèrent de celles du souna par leur couleur vert glauque qui permet de ne pas les confondre. L’enveloppe de ses graines est aussi légèrement verte. Il est de petite taille, et ses feuilles, au lieu de retomber comme celles des autres mils, sont presque droites, fortement engainantes à la base et presque appliquées contre la tige.

Le n’guéné pourrait presque être considéré comme une variété intermédiaire entre le gros mil et le petit mil. Il a l’aspect du sanio, mais ses graines sont plus volumineuses, sans égaler toutefois la grosseur de celles du gros mil. Il arrive à maturité complète de fin octobre à fin novembre. Quand il est mûr, ses graines se détachent facilement. Aussi le cueille-t-on avant qu’il soit arrivé à maturité complète et le fait-on sécher en tas de forme cubique dressés sur des piquets qui soutiennent des nattes et qui sont fixés sur une aire bien battue et enduite au préalable de bouse de vache délayée dans une petite quantité d’eau.