Nous citerons en terminant le Tiangol-Ouolof qui dans une partie de son cours sépare le Bondou du désert du Ferlo et qui naît de la grande mare de Djoulambo.

La partie la plus septentrionale du Bondou dépend du bassin du Sénégal et est arrosée par plusieurs petits marigots tributaires de ce fleuve. Ce sont : le Baloukholé qui passe à Kaguel et à Somsom-Tata ; le Samba-Kouté qui passe à Gabou résidence actuelle de l’almamy régnant, et enfin un dernier marigot important qui passe à Bordé, Bordé-Diowara, Diabal et Céra.

Outre les cours d’eau dont nous venons de parler, on trouve encore dans le Bondou bon nombre de mares, dont quelques-unes ne tarissent jamais. Nous citerons particulièrement celles de : Pounegui dans le Nagué-Horé Bondou, de Windou-Balky et de Batga dans le Ferlo-Balignama, de Bentenani dans le Niéri, et de Kessegui dans le Ferlo-Maodo.

Dans les villages, on se sert pour les usages domestiques, et quand on le peut, des eaux des marigots. Dans le cas contraire, on est obligé de recourir à celles des puits. Leur profondeur varie suivant les régions, depuis 1m 50 jusqu’à 18 et 20 mètres. L’eau qu’ils donnent est généralement de bonne qualité, car elle a filtré à travers des couches épaisses de terrain qui ne contiennent aucun principe nuisible. Elle est, par exemple, presque toujours chargée de matières terreuses, surtout pendant l’hivernage. Aussi faut-il, avant de la boire, avoir soin de la laisser reposer et de décanter ensuite. Ces puits sont particulièrement creusés par les Ouolofs, qui sont aussi chargés de leur entretien. Ils ne sont nullement maçonnés. Aussi se produit-il parfois des éboulements qui les comblent en partie. Pour y puiser on se sert d’une calebasse attachée à l’extrémité d’une corde faite avec des fibres de baobab ou de bambous. Leur ouverture est recouverte de pièces de bois jointives qui reposent sur le sol et qui forment une sorte de plancher au milieu duquel est ménagé un espace libre, assez grand pour donner passage aux calebasses qui servent de seaux, mais pas assez ouvert pour qu’un homme y puisse tomber.

Orographie. — Le système orographique du Bondou est des plus simples. On n’y trouve guère à signaler comme relief important du sol que la chaîne de collines qui forme la ligne de partage des eaux des bassins de la Falémé et de la Gambie. Cette chaîne part de Bakel et vient se terminer dans le désert de Tandaba. Sa hauteur varie de 25 à 100 mètres suivant les régions, et elle est à peu près orientée nord-sud. A droite et à gauche elle émet de petits contreforts qui laissent entre eux de petites vallées au fond desquelles coulent les marigots. Une autre chaîne, moins importante, se détache de celle-ci dans le Ferlo-M’Bal, et se rapprochant de la Falémé vient se terminer dans le Nagué-Horé-Bondou. Elle passe non loin de Sénoudébou, à 2 kilomètres environ à l’ouest de cet important village.

Le Tiali présente également des reliefs assez importants. Ils sont généralement orientés est-ouest et suivent le cours des marigots. Il en est de même dans le Diaka et le Niéri. Quant au Ferlo, c’est un pays absolument plat dont le sol est à peine vallonné. Aussi, à l’époque des hautes eaux, les marigots y débordent-ils aisément et y couvrent de vastes étendues de terrain.

Dans le Bondou, comme dans les autres parties du Soudan, on rencontre par-ci par-là de ces collines isolées qui ne font partie d’aucun système orographique défini et qui de loin ressemblent à s’y méprendre à de véritables buttes de tir. Leur hauteur varie depuis 10 à 15 mètres jusqu’à 60 et 80 et ont la forme d’une pyramide quadrangulaire tronquée.

Constitution géologique du sol. — Le Bondou, à ce point de vue, appartient tout entier à la période secondaire. On n’y trouve, en effet, que les terrains qui caractérisent cet âge géologique. Sans doute, on peut y signaler des alluvions anciennes et récentes, mais l’ossature, le squelette entier du pays, si je puis parler ainsi, ne saurait être rattaché à aucune autre époque. Nul doute qu’il n’ait été longtemps enseveli sous les eaux et qu’il n’ait été une des dernières régions soudaniennes qui aient émergé. L’aspect déchiqueté des roches que l’on y rencontre ne peut laisser aucun doute à ce sujet. La ligne de partage des eaux s’est certainement montrée la première et l’on voit encore maintes régions qui sont complètement recouvertes par les eaux et qui présentent les caractères de véritables marais ou de terrains en formation.

Le sous-sol est formé de deux terrains, le terrain ardoisier et un terrain de formation secondaire auquel on est convenu de donner le nom de terrain ferrugineux. Le terrain ardoisier se trouve dans les plaines particulièrement et y est caractérisé par ses roches essentielles, schistes micacés, ardoisiers et lamelleux. Le terrain ferrugineux est propre surtout aux collines et aux plateaux élevés. Les roches que l’on y rencontre ne sont pas moins concluantes. Ce ne sont, en effet, et à l’exclusion de toutes autres, que des grès, des quartz et des conglomérats. Les grès et les quartz sont simples ou fortement colorés en rouge par des oxydes de fer. Quant aux conglomérats, ils sont formés de grès et de quartz agglutinés dans une gangue silico-argileuse.

On a pu remarquer en certains endroits du Bondou de beaux blocs de granit gris. Ce qui a fait dire à certains voyageurs qu’il y avait là un terrain primitif. C’est là une profonde erreur contre laquelle nous ne saurions trop nous élever. En effet, le granit que l’on peut rencontrer au Soudan, et particulièrement dans le Bondou, n’y existe jamais à l’état de bancs, à l’état de systèmes. Ce ne sont jamais que des blocs isolés, épars dans le terrain de formation secondaire. En un mot, ce sont uniquement des roches erratiques qui ont été entraînées là et déposées par les eaux.