La croûte terrestre diffère également suivant les régions. Au sous-sol ardoisier correspondent les argiles compactes dues à la désagrégation des roches qui composent ce terrain. Ces argiles couvrent les 4/5 de la superficie totale du pays. Elles sont stériles et généralement peu cultivées. C’est le terrain de tout le Ferlo. La latérite recouvre le sous-sol ferrugineux. Elle est produite par l’effritement des roches qui le composent.
On la trouve surtout dans le Tiali, le Niéri, le Diaka et le Bondou proprement dit. Elle constitue un terrain d’une remarquable fertilité et c’est là que les indigènes font leurs plus beaux lougans.
Les bords de la Falémé sont presque partout formés d’argiles et absolument taillés à pic, à cause de la rapidité du courant. Il en est de même de ceux des marigots qui en sont tributaires. Au contraire, les rives des marigots qui dépendent du bassin de la Gambie sont couvertes de dépôts argileux glissants qui en rendent le passage très difficile surtout pour les animaux. Le fond en est presque partout vaseux.
La couche d’humus est dans tout le Bondou peu épaisse. On n’en trouve guère que dans le fond des vallées, dans les forêts et sur les bords des grands marigots.
La nappe d’eau souterraine se trouve à des profondeurs variables suivant les régions. Très peu profonde dans le Ferlo, elle est, au contraire, à un niveau fort éloigné de la croûte terrestre dans le Diaka et le Niéri. Elle repose, suivant les terrains, sur des argiles compactes ou bien sur des sables ou un lit de quartz et de grès ferrugineux.
Dans le terrain ardoisier, on traverse avant d’y arriver les couches suivantes : 1o argiles compactes ; 2o sables siliceux ; 3o grès et quartz ferrugineux ; 4o terrain ardoisier ; 5o nappe d’eau souterraine reposant sur une couche d’argiles.
Dans le terrain ferrugineux, au contraire, on rencontre : 1o la latérite ; 2o grès et quartz ; 3o sables siliceux ; 4o nappe d’eau reposant sur un lit de sable ou de cailloux ferrugineux résultant de la désagrégation des conglomérats. Il est facile de voir d’après ce qui précède que les eaux des puits, quel que soit le terrain où ils sont creusés, doivent être propres à tous les usages domestiques. Elles ne peuvent contenir, en effet, que fort peu de principes nuisibles.
Les sables sont assez communs dans tout le Bondou. On les trouve surtout dans les terrains à latérite, et ils couvrent les lits de la plupart des marigots tributaires de la Falémé et le fond de la plus grande partie de cette rivière.
Produits minéraux. — Le fer se trouve partout, soit à l’état natif, soit à l’état d’oxydes. Il est presque toujours uni soit aux grès, soit aux quartz. Quoiqu’on le trouve en notable quantité, son exploitation ne sera jamais rémunératrice. Cela tient surtout à ce que les gisements sont fort éloignés les uns des autres et que le rendement est relativement peu considérable.
Le métal qui donne un produit plus certain, sans cependant être rémunérateur, est assurément l’or. Il ne faut pas toutefois s’en faire une idée trop enthousiaste, car les gisements sont loin d’être aussi riches qu’on a bien voulu le dire. Pour se faire une idée exacte de ce que valent les fameuses mines d’or du Bondou, il n’y a qu’à se reporter à ce qu’a écrit à ce sujet M. Lamartiny, qui a pu étudier sur place cette importante question.