Les sables aurifères de la Falémé proviennent des montagnes du Fouta-Djallon et du Bambouck, d’où ils sont détachés par les pluies. Ils sont alors roulés et entraînés par la rivière, les paillettes les plus lourdes se déposant les premières et les plus légères étant portées beaucoup plus loin.

Les bancs de roches, les îlots qui barrent le fleuve, sont autant d’obstacles qui donnent lieu à des dépôts d’alluvions et en même temps aurifères. Tels sont les bancs que l’on voit à Farabanna, à Sansankoto et tout le long de la rivière. La tète du banc est généralement plus riche que la partie arrière.

La richesse d’un banc et surtout la grosseur des paillettes qu’il renferme se mesurent à la grosseur des galets qui y sont déposés. Et ceci est naturel : le caillou roulé subit les mêmes lois de la pesanteur que la paillette aurifère.

Plus on remonte la Falémé et plus ces dépôts sont riches.

Outre les dépôts actuels de la Falémé, il existe encore dans la plus grande partie du bassin de cette rivière un vaste dépôt aurifère dont on doit la découverte à M. Roux de Béthune, ingénieur des mines, qui étudia cette question dans tous ses détails. Ce dépôt, divisé en nombreux lambeaux d’une superficie assez vaste, se trouve à une profondeur moyenne de 5 à 6 mètres.

Lamartiny a reconnu ce gisement depuis Farabanna jusqu’aux environs de Séleng ou Sélen, sur une largeur de 5 à 6 kilomètres.

On le voit bien tranché sur les rives de la Falémé, où l’on peut suivre ses contours sinueux. Il a dû être formé par un cataclysme qui a entraîné et arraché du flanc des montagnes les quartz qui l’accompagnent. Il repose sur un amas de grès schisteux, et a comme toit une épaisse couche d’argiles de 5 à 6 mètres.

Malgré les études et les missions faites sur ces points, soit par des ingénieurs, soit par des officiers du génie ou autres, aucun rapport n’avait encore fait mention de ce riche dépôt appelé à tripler la valeur des sables aurifères de la Falémé.

Raffenel, dans son voyage, nous parle bien des sables aurifères déposés le long des rives, mais il n’a pas remarqué ceux qui y forment un dépôt déjà ancien.

Ces richesses ne sont pas inconnues des populations indigènes du bord de la rivière et surtout des femmes Malinkées qui ont là-dessus une expérience pratique acquise depuis longtemps. Comme Lamartiny, nous avons remarqué à Tomboura, Sansandig, à Fatendi, le soin avec lequel elles grattent la partie inférieure de la couche reposant directement sur les grès du mur. Cette partie est en effet d’une richesse extraordinaire : les cailloux de la partie supérieure, ayant fait filtre, ont laissé déposer les parties lourdes et argileuses. Ayant un dépôt fixe, dont nous pouvons déterminer l’étendue, la superficie et la capacité en mètres cubes, nous avons des données certaines sur lesquelles peut se baser une exploitation, connaissant la teneur moyenne de ce dépôt. Les alluvions de la Falémé ne nous présentent plus cette même certitude, et là encore on est obligé de marcher au hasard.