Outre les alluvions de la Falémé, le Bondou possède encore d’autres mines, particulièrement celles de Kéniéba que le gouvernement français a essayé d’exploiter en 1859 et 1860. Nous empruntons à Lamartiny l’étude qu’il en a faite d’après le rapport de M. Maritz, capitaine du génie, directeur de l’exploitation.

Le village de Kéniéba est situé à 25 kilomètres de la Falémé, à l’est du village de N’Dagan. Il fut saccagé en 1840 par l’almamy du Bondou qui voulut tirer vengeance de pillages exercés par les Malinkés sur les cultivateurs des bords de la rivière. Depuis cette époque, il fait partie du Bondou et fut repeuplé en partie par des Peulhs émigrés du Fouta-Djallon.

En 1856, Boubakar-Saada, aidé de Bougoul, chef de Farabanna, alla attaquer Kéniéba qui était au pouvoir des partisans d’El-Hadj-Oumar. Ils prirent le village, qu’ils mirent à notre disposition pour l’exploitation de ses mines. Le 28 juillet 1858, une colonne française, sous le commandement du gouverneur Faidherbe, s’y installa sans coup férir. Un poste et des magasins y furent de suite construits et l’exploitation des mines entreprise sous la direction de M. Maritz. Le pays jouit alors d’une tranquillité et d’un bien-être jusqu’alors inconnus. Mais l’ardeur du climat qui décimait nos malheureux soldats et les moyens imparfaits avec lesquels se faisait l’exploitation ne donnèrent point les résultats attendus, et l’abandon en fut décidé deux ans après. C’est à 4 kilomètres au nord-est de Kéniéba que sont situées les alluvions aurifères, au pied d’une montagne de forme conique d’une hauteur de 80 mètres environ. C’est le mont Pellel.

Les abords des mines sont couverts de quartz blanc légèrement veiné de rouge, extrait des puits pendant l’exploitation. Ces quartz renferment de l’or natif, et, souvent, en les cassant, on en voit d’assez beaux morceaux visibles à l’œil nu. Le terrain des mines se compose :

1o D’une couche d’argile rouge avec débris de quartz d’une épaisseur variable. Cette couche renferme des paillettes d’or ;

2o D’une couche d’argiles schisteuses rouges renfermant des paillettes d’or ;

3o Une couche d’argile blanche, semblable à de la chaux hydraulique. Cette couche ne contient pas d’or. Elle happe à la langue. Attaquable par les acides, son résidu est insoluble dans l’acide sulfurique ;

4o Une couche de schiste micacé, noirâtre, sous laquelle est un sable primitif noirâtre, renfermant des paillettes d’or en abondance. C’est la principale couche aurifère. Elle est à une profondeur de 12 à 18 mètres.

Au-dessous de cette couche se trouve une couche de schiste ardoisier d’une dureté excessive, et qu’on ne peut enlever qu’à la mine.

Le mont Pellel, sur lequel se voient encore deux puits creusés dans la roche, est un immense conglomérat ferrugineux, ainsi que toutes les montagnes environnantes.