L’exploitation de ces mines par les indigènes n’a lieu actuellement que pendant l’hivernage. Elle ne se fait plus par puits. Ils se contentent de prendre les terres de la surface, sur les bords des ravins et des marigots, et en retirent de magnifiques résultats, relativement, bien entendu, à ceux que l’on obtient en lavant les sables de la Falémé.

Les orpailleuses opèrent à l’aide de calebasses, absolument de la même manière que les orpailleurs de la Californie et de l’Australie avec des sébilles. Pour cela, après avoir recueilli les terres dans leurs calebasses, elles les portent sur les bords du marigot, les débourbent avec les mains et, par une suite d’oscillations et de mouvements, font venir les parties les plus légères à la surface. Ces parties sont rejetées au fur et à mesure, et bientôt il ne reste au fond de la calebasse qu’un sable noir, assez fin, composé de fer oxydulé et d’émeri, au milieu duquel on distingue facilement les paillettes d’or.

Les essais faits par M. Maritz sur les terres de Kéniéba ont donné les résultats suivants :

« Cent kilogrammes de terre provenant de l’une de nos galeries, traitée comme il vient d’être dit, produisirent 0g177. On prit le résidu, c’est-à-dire les terres rejetées des calebasses par les orpailleuses ; ces terres furent pilées dans un mortier en bois avec un pilon en bois, c’est-à-dire bien imparfaitement, puis lavées, puis repilées et relavées, en tout quatre fois. Après chaque opération, on trouva plus d’or qu’à la première, et après les quartz on obtint 1g300 à ajouter à 0g177.

» Les 100 kilogrammes de minerai, au lieu de 0g177, produisirent donc 1g477.

» Les derniers résidus auraient encore pu être pilés et lavés, et auraient sans doute produit un peu d’or.

» Les sables de la surface du sol, traités de la même manière, ont donné 0g00091 par 100 kilog.

» Traités par des procédés plus complets, il est certain que leur rendement serait considérablement augmenté. »

En 1843, M. Huart Bessignères, chargé par le gouvernement d’explorer ces mines, disait que les indigènes ne retiraient pas le centième du précieux métal qu’elles contenaient.

En 1853, M. Rey annonçait que les terres de Kéniéba rendraient 1 kilog. d’or pour 5,000 kilog. de terre.