Tout cela avait engagé le gouvernement français à entreprendre l’exploitation de ces terres, réputées si riches ; malheureusement, les appréciations de ces voyageurs se trouvèrent erronées, et l’exploitation fut si peu avantageuse qu’elle fut abandonnée en 1860.

Ces essais n’ont été exécutés que sur des terres privées des débris de quartz, qui, eux aussi, contiennent de l’or.

Du poste que nous avions construit, il reste à peine quelques vestiges de murailles pour en indiquer l’emplacement. Boubakar-Saada, craignant que les Malinkés ne parvinssent à s’en emparer et à s’y retrancher, en ordonna la destruction.

Le Père Labat, dans son récit du voyage de Compagnon, cite encore bien des mines d’or, dont on n’a pu jusqu’ici retrouver la trace, ni même le souvenir. D’après lui, il y en aurait deux à Naié. Aujourd’hui, les habitants ne se souviennent nullement en avoir jamais entendu parler. Il en est de même pour celle de Fourquarane, où, d’après le même auteur, il y aurait aussi une mine d’argent dont on n’a jamais pu, malgré les plus actives recherches, retrouver l’emplacement.

Outre les mines d’or, le Bondou posséderait encore, d’après certains auteurs, des gisements de mercure natif, ou du moins des indices que jusqu’ici l’on n’a pas pu bien définir. Je me hâte de dire que, malgré mes recherches, je n’ai pu m’en assurer par moi-même. Je ne fais donc que rapporter ici l’opinion de voyageurs plus heureux que moi, en leur en laissant toute la responsabilité.

Le mercure apparaît à l’état de petits globules très purs dans les argiles des couches supérieures, dans le village même de Sénoudébou.

On en a trouvé aussi à Farabanna, sur la rive droite de la rivière, et le long de cette rive sur environ cinquante mètres. Rien jusqu’ici n’est venu indiquer sa provenance ; mais, malgré les histoires plus ou moins fantaisistes que l’on a racontées à ce sujet, il n’est pas probable que des mains humaines se soient plu à verser là une quantité de mercure aussi considérable que celle qu’on a retirée jusqu’à ce jour.

A Farabanna, M. Baur, ingénieur civil des mines, eut connaissance de cette apparition du mercure, et en fit recueillir plusieurs bouteilles.

A l’époque des pluies, on voit le mercure apparaître dans les couches supérieures en très grande abondance. Il est facile alors, en soumettant ces terres à un lavage à la calebasse, d’en obtenir en peu d’instants une assez grande quantité. Des enfants mêmes s’amusent à le recueillir. En 1873, dès sa première apparition, les habitants, prenant cela pour de l’argent, s’empressèrent d’en remplir des bouteilles qu’ils ont conservées assez longtemps.

Le calcaire fait absolument défaut dans le Bondou. Cela n’a rien d’étonnant, étant donné l’âge géologique auquel il appartient. On trouve bien en maints endroits, notamment dans le Tiali et le Niéri, des roches d’un aspect blanc grisâtre que l’on a pris pour du calcaire véritable. Il n’en est rien. Ces roches ne sont, en effet, que des conglomérats formés de coralliens, et qui ont été déposées par les eaux en se retirant. On ne les trouve qu’à la surface du sol, où elles sont éparses, ou à une faible profondeur. Elles donnent à la cuisson non pas de la chaux, mais un ciment de mauvaise qualité.