[46: À cause de sa conformité avec la première personne de l'indicatif présent d'un verbe qui se conjugue sur amare, amo.]

[47:

AU GÉNÉRAL EN CHEF.

Florence, le 13 vendémiaire an V (4 octobre 1797.)

Général, me voilà à Florence depuis trois jours; j'y suis venu avec deux braves jeunes gens, les frères Suchet, dont l'un est chef de brigade et l'autre agent des finances. Je les avais rencontrés chez votre frère Joseph, à Rome, où le militaire est venu pour son plaisir, et où le financier avait été envoyé par le citoyen Haller, pour recouvrer les contributions dues par le pape.

Vu l'accord de nos humeurs et de nos opinions, nous ne pouvions mieux faire que de voyager ensemble.

Notre voyage, dont la tranquillité pensa être troublée à Viterbe, où l'on ne parait pas très-favorablement disposé pour les Français, se passa néanmoins sans accident.

Nous avons été accueillis ici de la manière la plus cordiale par le citoyen Cacaut, ministre de la république auprès du grand-duc. Il nous a présentés à ce prince et à M. de Manfredini, qui, de tout temps son gouverneur, gouverne de plus aujourd'hui le grand-duché.

Le ministre et le souverain nous ayant traités avec distinction, leur exemple a été imité par la haute société. Le jour même nous avons été invités à venir au casin des nobles.

Nous pensions, d'après cela, que les Français ne pouvaient rencontrer ici que des témoignages de la considération que leur ont acquise vos victoires. Une assez singulière aventure nous a prouvé pourtant qu'il ne fallait se fier qu'avec réserve à ces démonstrations.