Pris sur le fait, les fricoteurs sont quelquefois traités avec sévérité. Leurs délits toutefois sont moins de la compétence du conseil de guerre que de celle de la chambrée. On ne les condamne pas à passer par les armes, mais à recevoir la savatte, punition plus rigoureuse qu'on ne croit, mais qui ne compromet pas leur tête.]
[7: Fleury, de la Comédie française.]
[8: C'est en présence de M. de Bourrienne que le général raconta ce fait. Je ne crois pas l'avoir dénaturé, mais j'ai pu en oublier quelques circonstances. Je compte, en ce cas, sur la véracité de ce témoin pour rectifier mon récit.]
[9: Ceci est à moi: ces mots, dès qu'on les prononçait, produisaient sur Dufalga reflet du briquet sur la poudre. Il prenait feu tout aussitôt, et partait de là pour développer les théories les plus singulières qui soient jamais passées par la tête d'un honnête homme. Que d'honnêtes gens se sont trompés comme lui à l'époque de la révolution, époque où toutes les questions sur lesquelles repose l'organisation sociale étaient remises en discussion! que d'honnêtes gens, avec la meilleure intention du monde, ont jeté alors de nouveaux fermens de discorde dans la société qu'ils prétendaient régénérer! Tel fut le tort de ce pauvre Brissot. Les erreurs de l'esprit, en certaines circonstances, sont pires que des crimes.
Rien de plus recommandable d'ailleurs que la mémoire de Dufalga: officier des plus distingués dans une arme où le courage seul ne suffit pas à l'avancement, et où cet avancement ne s'acquiert que par une intelligence supérieure, il était parvenu au grade de général de brigade dans le génie, quand, après avoir perdu une jambe sur le champ de bataille en Europe, il mourut en Asie des suites d'une blessure qu'il avait reçue au siége de Saint-Jean-d'Acre.]
[10: Dans les Mémoires de Bourrienne. Plût à Dieu qu'on n'y trouvât que cette erreur-là!]
[11: En latin homme ici se traduirait par vir.]
[12: Voir le Médecin malgré lui, acte III, scène 5, et le premier livre des Confessions de J. J. Rousseau.]
[13: Notre capitaine obéissait à une inspiration bien malheureuse quand il attendait avec un équipage disparate et incomplet un bâtiment évidemment supérieur au sien sous tous les rapports. Il y avait deux ans que le Sea-Horse, frégate plus fort que la nôtre, et dont l'équipage était tout anglais, tenait la mer, quand notre malheur nous la fit rencontrer. «Chacun sur mon bord, me disait le capitaine Footes, connaît si bien son poste et son service, que sans lumière chacun fait ce qu'il doit faire, en pleine nuit comme en plein jour. J'aurais pu dès une heure du matin vous attaquer; mais pourquoi réveiller mes gens, et les fatiguer sans nécessité? À quelque heure que s'engageât le combat, j'étais sûr de vous prendre.»
La chose est claire,
Et votre épée a prouvé cette affaire.