Elle se mit à pleurer et m'embrassa avec tant de tendresse, que je connus bien que son petit cœur était touché.

—Mais, lui dis-je, madame votre mère y consentira-t-elle?

—Ma chère mère en meurt d'envie, mais elle n'oserait vous en parler, elle a peur que tout ce que vous avez dit là-dessus ne soit un compliment.

—Eh bien! ma chère enfant, lui dis-je en la baisant de tout mon cœur, je ferai tomber le discours sur votre coiffure, et nous verrons ce qu'elle dira.

Nous rentrâmes aussitôt où étoit la compagnie, et sous prétexte de quelque ordre que j'avois à donner, je fis le bec à madame Bouju qui un moment après passa par la chambre où nous étions pour aller à ma garde-robe; je l'appelai et lui dis:

—Madame, voyez un peu la coiffure de mademoiselle de la Grise; comment la trouvez-vous?

Elle la tourna et dit:

—En vérité, madame, c'est dommage qu'une si belle personne, et qui a de si beaux cheveux, soit si mal coiffée à l'air de son visage.

Elle nous fit remarquer ensuite qu'elle avoit trop de cheveux sur le front, et que les boucles qui accompagnoient son visage l'offusquoient et cachoient ses belles joues. Je pris la parole et dis à madame de la Grise:

—Vous voulez bien que je vous envoie demain madame Bouju pour coiffer Mademoiselle de la Grise? vous verrez quelle différence il y aura.