En terminant cette étude faite aussi exactement que possible, qu’il nous soit permis d’exprimer notre admiration pour le célèbre monument dont nous avons essayé de peindre les beautés. Une description fidèle, des dessins exacts, des photographies même, donnent bien une idée des détails des monuments ou du paysage; mais rien ne remplace l’impression de la vue, et, au Mont Saint-Michel en particulier, cette impression est saisissante et ne peut être décrite. Les phénomènes des marées, toujours si curieux à observer partout ailleurs, sont particulièrement étonnants sur ces grèves immenses où l’arrivée de la mer produit une sorte de mascaret de plusieurs lieues de largeur. Rien n’est plus facile d’ailleurs que d’aller au Mont Saint-Michel, de le visiter dans tous ses détails après en avoir fait le tour soit à pied sur les grèves à marée basse, soit en bateau pendant la pleine mer. Cette dernière manière de voir le Mont est à notre avis la meilleure, parce qu’elle permet de s’éloigner un peu de la base du rocher qu’on est forcé de côtoyer à pied. La vue change alors à chaque coup d’aviron pour ainsi dire, et toutes les faces de l’antique abbaye semblent se dérouler et présentent successivement les aspects les plus imposants et les plus grandioses. Il n’est pas de spectacle plus beau et plus instructif pour les touristes et surtout pour les artistes et les savants, sans parler des grands enseignements que tous doivent tirer de l’étude de ces splendides monuments. Aussi, que nos lecteurs nous permettent de leur dire comme conclusion, persuadé que le conseil est excellent: Allez au Mont Saint-Michel et que la vue de toutes ses merveilles vous inspire de belles et grandes œuvres, comme celles qui ont été créées jadis pour l’honneur de notre cher pays.

Ed. Corroyer,
architecte.

DOCUMENTS
ICONOGRAPHIQUES

DOCUMENTS ICONOGRAPHIQUES

’iconographie de saint Michel nous présente une des plus belles pages de l’art chrétien. L’Archange, avec sa noble physionomie, sa fidélité à toute épreuve, sa mâle énergie et son amour de la justice, est le plus beau de tous les types, après ceux du Sauveur et de la Vierge. En lui nous trouvons toutes les grâces de l’adolescence unies à la valeur de l’âge mûr, toute la sévérité d’un juge qui défend les droits de Dieu, tout l’éclat de la lumière dont il est le reflet, toute l’indignation d’une âme généreuse qui a pour mission de combattre l’esprit du mal et le père du mensonge. Son étendard est la croix, en vertu de laquelle il triomphe; son cri de guerre est son nom: «Michel, qui est semblable à Dieu;» son arme est le bouclier, la lance et le glaive; son vêtement est le manteau royal et la cuirasse du chevalier; sur son front brille parfois une couronne, ou bien sa chevelure flotte librement sur ses épaules; ses grandes ailes déployées indiquent son action; la balance qu’il tient souvent à la main est le signe de sa mission auprès des âmes; sous ses pieds s’agite le dragon, son implacable ennemi, qu’il combat toujours sans jamais le détruire et dont il triomphera au dernier jour, quand le nombre des élus sera complet.