A la place suymes venuz
Que desirée avons souvent.
A saluer suymes tenuz
L’abbé de cy et le couvent,
Et puis après, notre message
Raconteron sans nul deffault.
CONSULTUS POPULI.
Sire, vous parlez comme sage,
Et ainsi entendre le fault.
Après vostre eloquence dicte,
Verron bien, si c’est leur plaisir,
Que la chose soit reconduyte
Avecquez eulx, et s’en saisir
Juscquez ad ce point n’est possible
Que nous en puysson rien savoir.
Cest jouel à qui est sensible
Profite plus qu’or ne avoir.
Alon d’accort leur presenter,
Et par ytant en seron quictez.
POPULUS.
C’est bien dit: sans nous sermenter
De nous en croire aront meritez.
Celui qui est sans finement,
Dicit abbati.
Messeigneurs, vous doint bonne estraine.
Si ouyr vous plaist benignement,
Le cas vous diron qui nous mene.
MAINART, ABBAS MONTIS.
Volentiers vous escouteron,
Quer vous nous semblez gens honnestes,
Par quoi point ne vous doubteron;
Quer gens de bien pert que vous estes.
A voir à vostre filomie,
Ignorer n’en fault nullement.
POPULUS.
De rien ne vous mentiron mie:
Pour nous seroit fait follement.
Et vroy qu’au party dont nous sommes.
Avoit ung serpent molt cruel,
Nagairez, qui femes et hommes
Devouroit à perpetuel.
Du peuple la communité
S’efforça pour le pourchacier.
Veant sa grant malignité,
A le tuer ou le chacier.
La où son retraict il faisoit
Sourvint de commun grant faison:
Quer toutes fois qu’il lui plaisoit
Envenymoit tout de poison.
En un maroys trouvé couché
Fut dudit peuple habitué
Où il avoit été touché
Et frapé à mort et tué.
MAINART ABBAS.