Tu es au plus haut des cieux
Glorieux,
Tu es au plus bas du monde;
Tu balances sur trois doigts
Tout le poids
De cette machine ronde.
8.
Ton esprit penetre tout
Jusque au bout,
Rien n’est hors de ta presence;
Tu es cet œil qui tout voit
Et connoit
Le fond de la conscience.
9.
Le Ciel, qui d’astres reluit
Toute nuict,
Emprunte de toy sa grace,
Et tout l’esclat non-pareil
Du soleil
N’est qu’un rayon de ta face.
10.
Sans efforts ce que tu veux
Tu le peux,
Et ton vouloir est ta peine;
Tu peux effacer ce tout
Tout d’un coup
Au seul vent de ton haleine.
11.
Tu fais cheminer les Roys
Sous tes loix
Et les princes de la terre
Desquels tu romps d’un clein-d’œil
Tout l’orgueil
Qui est fresle comme verre.