L’an mil sept cent quatre vingt treize le deuxième octobre, l’an 2ᵉ de la République française une et indivisible

Au Mont Sᵗ Michel

S’est présenté en la maison commune le citoyen Oury envoyé de l’assemblée primaire du canton d’Avranches district du dit lieu, section de Saint-Saturnin, lequel nous a apparu 1º du raport et du decret du 23 août dʳ sur la réquisition civique des jeunes citoyens pour la deffense de la patrie, 2º d’une proclamation du citoyen Le Carpentier représentant du peuple envoyé par la Convention nationale dans le département de la Manche; 3º d’une commission à lui adressée par le d. citoyen Le Carpentier au nom du salut public et conformement à l’article 4 du decret de la Convention nationale en date du 16 août dʳ; 4º enfin d’une lettre des citoyens administratieurs de ce district, du 25 de ce mois avec invitation de publier et de donner lecture des pièces ci dessus aux jeunes citoyens âgés de 18 à 25 ans afin qu’ils connoissent leur requisition; de faire aussi un état nominatif de tous ces mèmes jeunes gens et d’en tenir registre, de donner le denombrement exact de la quantité et de la qualité de tous les chevaux autres que ceux servant à l’agriculture et enfin celui de tous les fusils et surtout de ceux de calibre, de tout quoi le d. citoyen Oury nous a demandé acte et a signé après lecture, Oury.

L’an mil sept cent quatre vingt traize l’an deux de la République française une et indivisible le traize 8ᵇʳᵉ mil sept cent quatre-vingt-traize il a été aresté par le Conseille generale de la commune apprès avoir antandu le procureur qua dater de ce jour ille est etabli un burau dans le ci-devant presbitaire dans laquelle il serfait un tron à trois clés pour ramasser toutes les laitres qui viendront soit à l’adresse des prestre deténu dans le chateau de cette vil ou a l’adrès du maire ou officiers municipaux ou procureur de la commune pourvu qui soit sust l’adrèse ou dedans pour remaitre à quaques uns de ces prestres detenus, dont le tron ne sera ouvairt que deux fois par semaine savoir le mardi et le vandredi de chaque semaine; il en sera fait un à la porte du chateau paraille dans laquelle tous les praîtres mettront leurs laitres san qu’il an soit pris une par aucun manbre de la commune qua l’ouvairtur du tronc, il est aresté quauquun paquet ni assignat ne seront remis à aucuns de ses refractaire quan présence de la commune; s’il vien du pain, il séra distribué egallement; ille est defandu au consierge de laisser autres qui que se soit plus loing que la porte sou paine daitre punis suivant larresté autre le conseille généralle de la commune, aresté an maison commune le dit jour, mois et an ci-dessus; il est défandu au consierge de quitter sa porte sous peine de pairdre sa pansion à moins qu’il ne se fasse ranplacer par une pairsones capable de le ranplacer et que la municipalité yst consante deux mot rayé nul.

J. Hevaut, officier; J. Richard, maire; Tomas Fouché; Etienne
Vidal, procureur; Julien Menard; J. Basire; Jean Gainard.


Du jeudi trente août mil sept cent quatre-vingt-douze, l’an 4ᵐᵉ de la liberté en la maison commune du Mont St Michel s’est présenté devant nous maire et officiers municipaux de la dite ville du Mont St Michel le sʳ Henri Jean Dufour prestre ci-devant religieux bénédictin, lequel a déclaré vouloir sur le champ prester le serment prescrit suivant les loix. Nous susdits officiers municipaux, en reconnaissance de la conduite patriotique du sʳ Dufour an nous bien connue depuis la Révolution, et vû que le sʳ Dufour s’est présenté differentes fois et a offert son serment à la municipalité pourquoi nous n’avons pas crü devoir differ d’avantage à l’admettre à prester son serment ce qu’il a fait dans les termes suivans: je jure d’être fidelle à la Nation à la Loi et au Roi, et de maintenir de tout mon pouvoir la Constitution du Royaume décretée par l’Assemblée nationale constituante aux années 1789, 1790, 1791. Ce qu’il a singné avec nous ce présent proces verbal fait et arrété ce dit jour et an que dessus.

Henry-Jean Dufour, cy devant religieux benedictin; L. Leroy, maire;
F. Morillaud, officier; Jean Duval; F. Hevaut, greffier.


Du jeudi quatre octobre mil sept cent quatre vingt douze l’an 4ᵐᵉ de la Liberté et le 1ᵉʳ de Legalité, nous officiers muncipaux du Mont St Michel, extraordinairement assemblé, au domicile du sʳ Henry-Jean Dufour prestre ci devant religieux bénédictin en vertu d’une réquisition de sa part, tendant à prester le serment réquis, pourquoi nous susdits officiers municipaux vû l’infirmité du sʳ Dufour et né pouvant se rendre à la maison commune nous nous sommes expres transporté au lieu de son domicilie pour récévoir son serment léquel la sur le champ proféré dans les termes suivants, je jure de maintenir la liberté et legalité ou de mourir en la deffendant. Ce qu’il a singné avec nous le dit jour et an que dessus.