L'Inde est plus étendue que la Chine: sa superficie est double de celle de la Chine. Il y a un plus grand nombre de rois qu'en Chine, mais celle-ci est plus peuplée.

Ni la Chine ni l'Inde n'ont le palmier; (p. 57) mais elles ont d'autres arbres et on y récolte des fruits qui n'existent pas chez nous. Dans l'Inde, il n'y a pas de raisin; il y en a un peu en Chine. L'Inde et la Chine produisent d'autres fruits en abondance. On trouve, dans l'Inde, des grenades en grande quantité.

Les Chinois n'ont pas de science religieuse. Les pratiques de leur culte (le buddhisme) sont originaires de l'Inde; ils croient que ce sont les Indiens qui leur ont apporté les idoles [buddhiques] et que ces derniers ont été leurs éducateurs religieux. En Chine et en Inde, on croit à la métempsycose. Chinois et Indiens tirent d'un même principe religieux [initial] des conséquences différentes.

On pratique, dans l'Inde, la médecine et la philosophie. Les Chinois pratiquent également la médecine; leur principal traitement est la cautérisation.

Les Chinois pratiquent l'astronomie, mais les Indiens pratiquent plus encore cette science.

On ne connaît pas de Chinois ou d'Indien musulman, ni parlant arabe.

En Inde, il y a peu de chevaux; il y en a davantage en Chine. En Chine, il n'y a pas d'éléphants; on ne les laisse pas (p. 58) pénétrer dans le pays parce que ce sont des animaux de mauvais augure.

Les armées du roi de l'Inde sont nombreuses, mais elles ne reçoivent rien pour leur entretien [ni vivres, ni solde]. Le roi ne les convoque qu'en cas de guerre sainte; les troupes entrent alors en campagne et font elles-mêmes les frais de leur entretien, le roi ne leur fournit rien à cet effet. En Chine, les troupes reçoivent une solde identique à la solde des troupes arabes.

La Chine est un pays plus brillant et plus beau [que l'Inde]. Dans la plus grande partie de l'Inde, il n'y a pas de villes, [le pays est désert]; en Chine, au contraire, il y a, en chaque endroit, une grande ville fortifiée. En Chine, le climat est plus sain et les maladies y sont moins nombreuses [qu'en Inde]. L'air y est si pur qu'on n'y voit pas d'aveugles ni de borgnes, ni de gens difformes. Les infirmes de cette sorte sont, au contraire, nombreux dans l'Inde.

En Chine et en Inde, il y a partout de grands fleuves, beaucoup plus grands que nos fleuves. Il pleut abondamment partout, dans ces deux pays.