Susanne. C’est qu’il dit qu’il luy est bien obligé de tant de peine qu’elle prend, et qu’il juge mieux par là de sa bonne volonté; et il dit qu’il se veut soumettre à elle par humilité et qu’il n’est pas digne de prendre le dessus, et la fille, qui est pleine de reconnaissance, elle fait un grand effort sur son courage.

Fanchon. Aussi vrayement elle le doibt, car voilà une grande civilité du garçon.

Susanne. Et qui est continuée jusqu’à la fin, car il ne se remue en façon du monde et luy laisse faire à elle ce qu’elle veut, qui n’y a pas moins de plaisir cependant que luy.

Fanchon. Cela estant, ma cousine, il me semble que la peine qu’elle prend luy doit estre bien agréable, car vous m’avez mise tout en humeur à vous entendre seulement dire qu’elle se remue ainsi sur le garçon.

Susanne. J’ay bien encore une autre raison que celle-là, mais j’attendray à la dire jusqu’à ce que tu sois mieux instruite des choses que tu doibs sçavoir auparavant.

Fanchon. Grand mercy, ma cousine, vous aurez la bonté donc de me l’apprendre. Cependant, puisque nous sommes en discours, dites-moy pourquoy, la pluspart des nuicts, je sens des démangeaisons en cet endroit (à sçavoir au con) qui ne me laissent presque point dormir. Je me tourne, je me vire d’un côté et d’autre, sans que, cela se puisse appaiser. Qu’est-ce qu’il me faudroit alors?

[(27)] Susanne. Il te faudroit un bon gros vit nerveux, et le fourrer dedans ta nature pour y faire le doux nectar qui appaiseroit ta chaleur. Mais, à faute de cela, quand cela te adviendra, il faut le frotter avec le doigt quelque temps; après tu sentiras le plaisir de la descharge.

Fanchon. Avec le doigt! est-il possible?

Susanne. Ouy, avec le doigt du milieu, en faisant sur le bord comme cela.

Fanchon. Certes, je ne l’oublieray pas. Mais, à propos, ma cousine, ne m’avez-vous pas dit que vous avez ce plaisir quelquefois?