Susanne. Voicy comment il arrive: quelquefois que le garçon et la fille sont seuls dans une chambre ou dans un jardin, il n’importe point où, et s’entretiennent de choses indifférentes, le plus souvent ils ne pensent point à se faire bien aises ny à se donner du plaisir, à cause de quelque autre soucy qu’ils auroient en tête, et le garçon voudroit seulement baiser une fois la fille avant de s’en aller, comme par manière d’acquit. La fille qui est faite à cela, si tost qu’elle sent la bouche du garçon contre la sienne, vient à pousser petit à petit sa langue en pointe dedans, et la fait frétiller contre ses lèvres avec un grand ragoust; que cela met en humeur le garçon, qui la prie de recommencer. Alors, la fille peut prendre un autre plaisir, qui plaist aussi encore au garçon, et ayant regardé tout autour d’elle si personne ne la voit, elle met la langue aussitost dans la bouche du garçon [(24)]. Tandis qu’elle luy fait cela, elle le baise, coulant sa main sur son engin, qu’elle prend dans la braguette, et quand elle l’a patiné quelque temps, de mol qu’il estoit auparavant, elle le fait devenir dur comme un baston. Et on ne sçauroit dire pourtant comme cela se fait ny par quelle vertu, car elle le frotte seulement deux ou trois fois par dessus la peau, et le garçon qui sent cela ne sçauroit s’empescher de dresser, quand il voudroit. Et comme il faut que tout se fasse par ordre et dans les règles du plaisir, et que la fille est assez bien instruite à cela, si tost qu’elle l’a fait ainsi droit, elle le retire hors de la braguette, et le regarde et luy donne une petite secousse pour l’achever, et puis le laisse ainsi tendu en estat, pour s’en servir en après.

Fanchon. Ho! ho! je ne pourrois retenir tout cela, et faut-il, ma cousine, qu’une fille sçache toutes ces choses?

Susanne. Et bien d’autres encore; ce n’est pas là tout, et quand elle a demeuré quelques temps ainsi, elle essaye un autre plaisir pour faire encore au garçon.

Fanchon. Encore!

[(25)] Susanne. Ouy, encore; elle lui met la main sur les ballottes qu’il a au-dessous de cest engin et les soulève mignardement en les passant et repassant doucement entre les doigts, et quand elle a fait en cest endroit, elle lui vient manier les fesses et les cuisses, en gravonnant entre ses poils, revient à luy branler l’engin, en sorte que la teste, qui est tout en sueur, s’allonge et redresse et ressemble un qui voudroit vomir et qui ne peut. Mais le garçon ne sent aucune douleur de cela, au contraire: il est si ayse qu’il ne peut parler; il pousse le cul en avant, pour que la fille luy fasse toujours; il obéit à tout ce qu’elle veut et semble qu’il escoute tout ce qu’elle luy fait, et à voir comme son visage est attentif à toutes les caresses qu’elle lui départ de sa main, il semble qu’elle le gratte bien où il luy démange et qu’il n’a point d’autre soucy au monde que celui-là. Mais par après, quand il se voit chevauché par elle qu’il devroit chevaucher luy mesme, ô dame, c’est alors qu’il est bien plus ayse, et que cela luy est presque aussi doux à supporter que comme s’il deschargeoit continuellement.

[(26)] Fanchon. Certes, voilà bien des sortes de plaisirs, et je ne sçais si je pourray bien retenir tout. Et comment fait donc la fille, ma cousine, pour chevaucher le garçon quand il est si ayse?

Susanne. C’est alors qu’il se couche à la renverse, et que la fille monte dessus et se remue dessus luy.

Fanchon. Ho! ho! voilà encore une autre façon, et l’on fait donc ce doux jeu en bien des postures?

Susanne. De plus de cent, vois-tu, et l’on y prend plaisir à toutes, mais tu le sçauras plus à loisir.

Fanchon. Et pourquoy le garçon a-t-il plus de plaisir quand il est chevauché de la fille, que quand il chevauche?