Susanne. Cela s’appelle, comme il estoit, bander à vit mollet.
Fanchon. Je luy estraignis quelque temps, plus hardie qu’auparavant, et pris mon plaisir à luy tenir, mesurant la longueur et la grosseur, et pensant à part moy la vertu que cela avoit de donner tant de plaisir, et il prenoit aussi plaisir d’en mesurer la grosseur et longueur. Luy aussitost m’estendit sur le lict à la renverse, et me troussa mes robes jusques au nombril, se plaisant à me considérer. Je ne m’opposay point à son dessein. Il me porta d’abord la main au con et me prit par les poils, et après il me tourna sur le ventre pour me considérer les fesses, et non content de cela, il me tourna et retourna dessus et dessoubs, me battant et me mouvant, et me fichant quelquefois les dents dans la chair, et me faisant cent folastreries avec les doigts. Pendant ce temps là, il m’apprit autant de particularitez de l’amour et me dit les raisons par quoy il en usoit ainsi. Je l’escoutois attentivement, désireuse d’apprendre, et cependant cela, il avoit redevalé son haut de chausse et me mettoit son outil entre les fesses, ores entre les cuisses, se remuant quelquefois pour veoir, et m’enseignant de faire pour quand il conjoindroit à moy.
Susanne. Le paillard! il y prenoit donc bien du plaisir?
Fanchon. Que vous diray-je davantage? il me fit agencer de cent postures, m’enconnant à chacune, et me montrant comment il se falloit tenir pour [(16)] mieux engaigner le vit, et n’en acheva pas une. J’appris tout fort aisément, résolue de le bien retenir. Et m’estant disposée à son vouloir pour en achever quelqu’une, après il s’estendit sur le lict, la lance droite à la renverse, et me tira sur son ventre. Je me le fourray de moy-mesme dedans le con et me forçay à remuer, disant que je besoignois. Il se faisoit faire ainsi, me considérant, et tantost me disoit que je poussasse fort, me baisant, la langue à la bouche, et tantost m’appelant [(17)] sa vie et son âme, et tantost empoignant mes fesses, connaut, ma fouteuse, et autres injures à quoy il prenoit plaisir. Sur la fin qu’il connut que la douceur venoit, il ne se put empescher de remuer vers moy et moy vers luy; tant qu’à la fin elle vint encore à sortir et nous finismes la carrière avec autant de contentement que la première fois.
Susanne. Et deux.
Fanchon. Je reconnus alors pour vray ce que vous m’aviez dit touchant les propriétés de ceste liqueur, et raisonnant dessus, je disois que c’estoit un grand [(18)] bien au monde que d’avoir trouvé ceste invention pour se divertir. Je luy demanday qui estoit le premier qui l’avoit inventée. Il ne m’en sçeut rien dire, pour ce qu’il n’estoit pas assez sçavant, mais cela l’ayant remis en humeur plus belle, luy me dit qu’il aymoit mieux me le montrer d’effect que de paroles et que l’expérience vaut mieux que le discours. Ensuite de quoy il me baisa, des baisers il vint aux attouchements et des attouchements à me mettre le vit au con, et me le fit encore une fois en levrier, le con derrière.
Suzanne. Et trois.
Fanchon. Et ceste façon, à son dire, luy plaisoit le mieux et plus que les autres, attendu que c’estoit ainsi qu’il avoit eu mon pucelage et qu’il enfonçoit son affaire plus avant. Et quelque temps après, il me le fit encore une [(19)] fois, avant que de s’en aller, ayant ma face tournée vers la sienne et mes deux jambes levées sur ses épaules.
Susanne. Et quatre. Comme tu les enfiles! et cela ira-t-il toujours de même?
Fanchon. C’estoit un premier abord, et il ne pouvoit moins faire, disoit-il, pour me donner des marques suffisantes de son amour et amitié.