Susanne. Mais où est donc cette invention que tu dis?

Fanchon. Entendez-moy, la voicy. Deux jours après, Robinet vint le soir au logis et trouva qu’on dançoit. C’estoit une petite compagnie ou réjouissance qui se faisoit pour le jour de la feste de ma mère. Il avoit trinqué ce soir là plus qu’à l’ordinaire, et faisant semblant qu’il vouloit dormir pendant que tout le monde dançoit, il se mit dans une chaise ou fauteuil bas, et trouvant à point nommé que j’estois si lassée que je n’en pouvois plus, il me tira par derrière et me fit asseoir sur luy pour l’entretenir. Je faisois semblant, en l’escoutant, de regarder les autres, et cependant il me coula la [(39)] main par la fente du cotillon et fit tant qu’il vint à me toucher le con. Je sentis aussitost son affaire roide qui poussoit dessous moy et cela me mit en humeur de ne luy rien refuser. Il eust bien voulu la passer par la fente du cotillon et me le dit bas à l’oreille, mais il ne pouvoit détrousser le cotillon et n’y avoit pas d’apparence devant tant de gens. Enfin, en mesurant avec la main combien il s’en falloit que ceste fente du cotillon n’estoit pas assez longue pour parvenir au con, il trouva justement à l’endroit qu’il falloit le trou que le feu avoit fait au cotillon, quand ma mère me querella si fort; il me le dit incontinent tout bas, et sans perdre de temps, rangeant ma chemise, poussa son affaire dans le trou et coula tout entre mes cuisses. Je m’accommoday dessus le mieux que je pus et fis tant qu’il en entra bien la moitié. Nous fusmes longtemps de la sorte sans rien opérer, car il n’osoit branler fort; néanmoins, s’aydant le mieux qu’il pouvoit, et tousjours appuyant doucement du croupion, la compagnie ne s’aperçeut point qu’il me avoit rien fait. Pour moy, je me tins ferme sur le pivot et fis bonne mine jusques à la fin que j’eus assez de peine à dissimuler le plaisir que je sentois. Il me le fit encore un coup, une heure après, dans la même posture, et du depuis elle nous a bien servy et j’ai béni cent fois le cotillon percé pour m’avoir causé tant de plaisir.

Suzanne. Cela estoit pourtant bien dangereux de la sorte, car comment faisois-tu, quand le foutre couloit dans ton con, pour empescher qu’on ne reconnust que ton plaisir venoit.

Fanchon. Ma cousine, je me contraignois furieusement et grinçois des dents en regardant contre terre.

Susanne. Vrayement, c’estoit là un beau moyen! Il ne falloit que mettre les mains, comme cela, sur le visage et faire semblant d’avoir mal à la teste.

Fanchon. C’est bien dit, ma cousine, mais, que voulez-vous, on n’a point tout savoir. Je n’ay reçeu jusques à ce jour d’instruction que de votre part, car pour Robinet, hélas! nous n’avons pas eu loisir de cela; c’est pourquoy vous sçavez bien tout ce que vous me pouvez avoir appris.

[(40)] Susanne. Eh bien! demande ce que tu voudras. Qu’est-ce qui t’empesche? Tu sais bien aussi si je t’ay jamais rien refusé; car comment veux-tu que je te devine si tu ne proposes rien.

Fanchon. Ma cousine, de tout ce que nous avons dit des plaisirs, j’ai recueilly que ceste partie de l’homme qu’on appelle le vit est celle qui donne le plus de satisfaction à la femme; [(41)] je voudrois bien maintenant que me disiez quelles sortes de vits sont les meilleurs et les plus divertissants.

Susanne. Je suis bien ayse que tu me proposes ainsi la chose par ordre, et nous en viendrons à bout facilement. Tu doibs sçavoir premièrement qu’il y a des vits de toutes les façons, mais tous généralement se réduisent à trois, qui sont petits, grands et moyens.

Fanchon. O bon! les petits comment sont-ils?