Et ne nous amuserons point à leur regle dont j'ay parlé, faicte à la haste, & de n'a gueres, pour couvrir leur commun vice de prononcer: combien que quelquefois ilz ne la gardent pas, d'autant qu'ilz le prononcent en aucuns vocables en sa propre puissance, disans, Ematius, Sarmatia, & non pas Emaçius, Sarmaçia.
Ti.
Au demourant, messieurs, nous avons des vocables François: esquelz le ti, sone sa propre voix, combien qu'il soit devant une voyelle comme en moytié, mauvestié. Vous voyez donques que ceste diversité ne cause que desordre en l'escriture Françoise: car il n'y a non plus de rayson que t, doive sonner en moytié en sa propre puissance, qu'en diction: parquoy il fault corriger cest abus.
Autre abus du ct. Faict, faicts, dict, dicts.
Je treuve d'avantage que nous abusons du ct, mesmement es participes, ce que ja je vous ay dict parlant de la difference des vocables, comme en dict, faict, perfaict, dicts, faicts, perfaicts: dont es premiers n'est aucune mention du c, ny en leurs pluriers nulle du ct: au lieu desquelz nous prononçons dit, fét, perfét, dis, fés, perfés. J'entens bien que les Latins trouveront bien estrange que je despouille ainsi ces vocables des letres de leur sourse, je ne dy pas les savans: mais ceux tant seulement qui n'ont pour toute rayson qu'une opinion supersticieuse pour les derivaisons.
Et.
Il me semble d'avantage que nous escrivons Et, copulative avecq' ung t, & sans propos. Ce que nous sentons bien quant le vocable ensuyvant commence par voyelle: d'autant qu'il seroit bien difficile qu'une consonante finale ne monstrast sa puissance en la voyelle subsequente. Comme quant nous disons: les homes ont à mourir une fois: s'il n'y entrevient quelque façon de pose, ou fin de clause. Mais quant nous disons: Annibal a combatu contre les François, & Italiens, & Hespaignols, nous ne nous oserions avanturer de prononcer le t de &, que ce ne fut pour servir de moquerie aux auditeurs. Or est il qu'encores moins sonne il devant les consonantes, parquoy je dy qu'on doit escrire et, sans t.
Regle du d & t.
Notez aussi, que tous noms terminez en d, ou t, les tornent au plurier en s, ou z, comme renard, hazard, dent, content, qui font renars, hazars, dens, contens.