Je te veulx advertir en cest endroict d'une mienne opinion. Qui est, que le é, masculin en noms de plurier nombre ne doibt recepvoir ung z, mais une s, & doibt estre marqué de son accent, tout ainsi qu'au singulier nombre.

Tu escriras doncq' voluptés, dignités, iniquités, verités: & non pas voluptéz, dignitéz, iniquitéz, veritéz. Ou sans é marqué avec son accent aigu tu n'escriras voluptez, dignitez, iniquitez, veritez.

z. Est le signe de é, masculin au plurier nombre des verbes.

Car z, est le signe de é, masculin au plurier nombre des verbes de seconde personne: & ce sans aulcun accent marcqué dessus. Exemple. Si vous aymez vertu, jamais vous ne vous addonnerez à vice, & vous esbatterez tousjours à quelque exercice honneste. Aultre exemple. Si vous estiez telz, que vous dictes, vous ne deschasseriez ainsi les vertueux. Sur ce propos je sçay bien, que plusieurs non bien cognoissants la virilité du son de le é, masculin trouveront estrange, que je repudie le z, en ces mots voluptés, dignités, & aultres semblables. Mais s'ilz le trouvent estrange, il leur procedera d'ignorance, & maulvaise coustume d'escrire: laquelle il convient reformer peu à peu.

é Masculin ne se mect seulement en fin de diction.

Oultre ce, qui est dict, saiche, que é, de pronunciation masculine ne se mect seulement en fin de diction, mais aussi devant la fin. Exemple. Journée, renommée, meslée, assemblée, diffamée, affolée: & aultres mots, qui se forment du masculin en femenin: comme est de despité, despitée: de courroucé, courroucée: de suborné, subornée: & semblables dictions tant au singulier nombre, qu'au plurier. Exemple du plurier. Contrées, journées assemblées, menées.

e Femenin

L'aultre pronunciation de ceste letre e, est femenine: c'est à dire de peu de son, & sans vehemence. Estant femenine elle ne repçoit aulcun accent. Exemple. Elle est notable femme, de bonne vie, de bonne rencontre, & aultant prudente, & sage, que femme qui se trouve en ceste contrée.

Note aussi, que quand ceste lettre e, est femenine, elle est de si peu de force, que tousjours elle est mengée, s'il s'ensuict apres elle ung mot commençant par voyelle.

L'origine de synalelphe & Apostrophe en la langue Françoyse.