A quoy soubdein elle m'a respondu qu'il avoit attendu qu'on luy en commançât le propos, mais qu'avant partir il vous en rendroit bon compte, et sommes passez à quelques aultres gracieux propos de son progrès, et des chasses qu'on dellibéroit de luy monstrer en chemin.
Et puis, ay communicqué aulx seigneurs de son conseil la mesmes desirée nouvelle de la paix, qui ont monstré toutz de s'en resjouyr; et ainsy me suis desparty d'elle et d'eulx.
Cepandant le Sr de Quillegreu est revenu d'Escoce, avec ung grand nombre de papiers et chiffres qui ont esté trouvés dedans le chasteau de Lillebourg. Le dict chasteau est gardé par James Douglas, frère bastard du comte de Morthon, et par le cappitaine Humes; milord de Humes a esté remis prisonnyer dans le mesmes chasteau, et le layr de Granges envoyé à Loclevin, et les aultres principaulx distribués en aultres lieux. Les soldatz, qui ont suivy le party du dict de Morthon, passent peu à peu en Ollande, et ceulx du party de la Royne s'en vont servir le roy de Suède, de sorte qu'il en sort envyron quatre mille du pays, ce qui fera davantage continuer la paix. Milord Claude ny Adam Gourdon ne bougent; le cappitayne Cauberon a suivy, icy, le dict de Quillegreu, et dict on qu'il a charge du comte de Morthon de requérir l'évesque de Roz comme rebelle. Sur ce, etc.
Ce XIIe jour de juillet 1573.
CCCXXXe DÉPESCHE
—du XXe jour de juillet 1573.—
(Envoyée exprès jusques à la court par Groignet, mon secrettère.)
Retour du capitaine Orsey à Londres.—Négociation du mariage.—Sollicitations du comte de Morton pour obtenir d'Élisabeth l'autorisation de mettre à mort les seigneurs écossais pris dans le château d'Édimbourg.—Soumissions faites par les Français réfugiés en Angleterre.—Mémoire. Détails d'audience.—Négociation du mariage.—Consentement d'Élisabeth à accorder les sûretés nécessaires pour l'entrevue.—Plaintes du roi au sujet des affaires d'Écosse.—Sollicitations de l'ambassadeur en faveur de l'évêque de Ross, qui est réclamé par le comte de Morton.—Déclaration de la reine qu'il ne sera pas livré.—Avis à part à la Reine. Mécontentement de Leicester.
Au Roy.
Sire, trois jours de reng, le conseil a esté tenu à Grenvich pour dellibérer de la responce qu'on avoit à me fère, où j'entendz que les choses ont esté merveilleusement débatues, non par contention de parolles, mais avec des argumentz pourpousés de si loing, et si artifficieusement recherchés, qu'on a mis ceste princesse à ne sçavoir à quoy se résouldre; et le cappitayne Orsey a esté dilligemment examiné de ce qu'il raportoit de vostre intention, et de celle de la Royne, vostre mère, et de l'estat des choses de France: dont me suis présenté au dict lieu, le XVe de ce moys, comme je y estois assigné, pour ouyr ce qu'on me voudroit dire, dont je mets le récit à part. J'adjouxteray, icy, que le comte de Morthon inciste fort que la Royne d'Angleterre ayt agréable qu'il puisse fère exécuter à mort ceulx qu'il a prins dans le chasteau de Lillebourg, à quoy semble qu'elle fermera les yeulx, pour d'autant confirmer son party; et j'entendz qu'elle a ordonné quelque nombre de gentilshommes ses pencionayres, au dict pays d'Escoce, desquelz je mettray peyne de sçavoir les noms. Le Sr de Villy s'en est retourné vers Vostre Majesté et le Sr Voysin, son compaignon, reste encores icy, qui ont toutz deux, ainsy qu'ilz disent, trouvé ez francoys, qui sont par deçà, une bonne disposition vers vostre service. Le comte de Montgommery, à ce que j'entendz, n'a attendu que le retour du cappitayne Orsey pour envoyer devers moy. Je orray ce qu'il me mandera. Le Sr de Languillier est venu très libérallement offrir sa personne, et sa vye, pour vostre service, et de vouloir vivre et mourir vostre très humble subject. Mr le vidame ne peut trouver qu'il soit suffizamment pourveu, par les articles de la paix, à la nécessité de leur religion; néantmoins que ce ne sera luy qui yra rien recalculer là dessus, et percistera à vouloir jouyr, en pacience, la paix et bonne grâce de Vostre Majesté. Et sur ce, etc.