«Institue son héritier universel son très cher et bien aimé petit nepveu Noble François de Salaignac, fils de feu son très aimé nepveu messire Jean de Salaignac, chevalier, Capitaine de cinquante hommes d'armes, et petit fils de feu messire Armand de Salaignac, chevalier de l'Ordre du Roy, frère aîné du testateur, (arrière fils) de feu messire Hélie de Salaignac chevalier, père du testateur, et bisayeul du dict héritier universel, avec substitution graduelle et à l'infini de masle en masle par ordre de primogéniture, et apelle les filles après l'extinction de tous les mâles de son nom.

«Lègue encore deux mil écus à chacune des sœurs de son dict héritier universel, nommées Marguerite, Jeanne et Antoinette de Salaignac, et nomme pour exécuteurs de son testament son dict nepveu Évesque de Sarlat, et Haut et Puissant Messire Pons de Thémines et de Cardaillac son très honoré cousin, chevalier, Capitaine de cinquante hommes d'armes, Séneschal et Gouverneur de Quercy;—ce testament receu par de Cazalès notaire.»—Preuves de noblesse faites en 1739 par Gabriel Jacques de Salignac de La Mothe Fénélon, p. 30.—Archives du Royaume, Cartons des Rois, K. 101.

[19] Henri IV offrit cette ambassade à Bertrand de Salignac dans des termes tellement flatteurs, qu'un refus devenait impossible. Les deux lettres suivantes, qui sont conservées en original aux Archives du Royaume, Cartons des Rois, K. 105, témoignent de la profonde estime du Roi pour Bertrand de Salignac.

I. LETTRE DU ROI.

—du xıe d'avril 1599.—

Monsieur de La Mothe Fénélon; je sçay bien que vostre eage et voz services méritent repoz et rémunérations plustost que une surcharge d'occupations et d'affaires, mesmement hors de vostre maison et patrie. Toutesfois voullant faire eslection d'ung personnage propre et capable pour me servir d'ambassadeur auprès du Roy d'Espagne, après avoir jetté les yeux sur plusieurs, je n'en ay point trouvé de plus digne d'ouvrir le pas de ceste légation que vous, par ceque toutes les bonnes qualités nécessaires, pour ce faire comme il appartient, se rencontrent et concourent en vous quasi à l'envy l'une de l'aultre et selon mon desir, de sorte que, si elles estoient accompagnées de pareille force et santé, j'aurois trouvé mon compte en vous pour remplir dignement et à mon gré ceste place qui est de présent des plus importantes à mon estat; et au lieu d'envoier sçavoir quelle est vostre disposition, je vous envoierois dès à présent mes dépesches pour me faire ce service, car vous cognoissant comme je fais, je suis très asseuré que vous embrasseriez et effectueriez volontiers mon commandement: mais estant incertain de la disposition de vostre personne, et par conséquent si je puis recevoir ce service là de vous, je vous fais la présente par ce lacquais, que je vous envoie exprez, pour en estre esclaircy, vous priant vous résoudre d'entreprendre ceste légation, si vostre santé le vous peut permectre. Ce ne sera que pour tant de temps que vous voudrez, car ce me sera assez que vous enseigniez ce chemin à d'aultres. Je pourrois, ce faisant, vous faire tenir où vous estes les dépesches et deniers nécessaires, pour de là vous acheminer en Espagne, sans avoir la peine de venir icy les prendre, et aurois tel soing de vous que vous auriez occasion de vous en louer. En tout cas je n'ay voullu adresser ce commandement à ung aultre que à vostre reffuz, tant je prise vostre vertu et les moiens que vous avez de me servir. Renvoiez moy doncques ce lacquais incontinant avec vostre délibération, et je prieray Dieu, monsieur de La Mothe Fénélon, qu'il vous ayt en sa saincte garde.—Escrit à Fontainebleau le xȷe jour d'avril 1599.—Henry.—De Neufville.

[Au dos est écrit]:

A Monsieur de La Mothe Fénélon, Chevalier de mes Ordres, Capitaine de cinquante hommes d'armes de mes Ordonnances, et Conseiller en mon Conseil d'Estat.

II. LETTRE DU ROI.

—du iȷe de may 1599.—