—Du ive de novembre 1588.—

Monsieur de La Mothe, j'ay entendu que voiant la surprinse que les ennemys ont faicte de la ville de Dome, vous vous estes geté dans le chasteau pour le conserver soubz mon obéissance, dont je vous sçay le bon gré que mérite le tesmoignage que avez en cela donné de vostre dévotion à mon service, et vous veulx bien asseurer que, aux occasions de vous gratiffier, vous me trouverez d'autant plus favorable à vostre avancement, j'envoye par delà le sieur de Gaulegeac avec dépesche fort expresse affin d'y faire donner tout le secours qui se pourra, non seulement pour la conservation du dict chasteau, mais aussi pour le recouvrement de la ville, s'il est possible, comme il y a occasion d'espérer, si les ennemys sont promptement serrez et assailliz sans leur donner temps de s'y fortiffier et pourveoir de munitions. Je m'asseure que tous mes bons serviteurs s'y emploieront si vertueusement qu'ilz délivreront le pays de ceste incommodité, et moy du regret que j'en porte, priant Dieu, monsieur de La Mothe, vous avoir en sa saincte garde.—Escript à Bloys le iiȷe jour de novembre 1588.—Henry.—Revol.

[Au dos est écrit]:

A Monsieur de La Mothe Fénélon, Gentilhomme ordinaire de ma Chambre.

II. LETTRE DU ROI.

—du xxviȷe de novembre 1588.—

Monsieur de La Mothe, j'ay receu vostre lettre du xiȷe de ce mois, contenant le discours de ce qui est passé au faict de Domme, dont je suis très marry que le succez n'ait esté meilleur pour mon service et le bien du pays; et particulièrement je regrette fort la perte que je y ay faicte d'un si bon et affectionné serviteur que m'estoit le feu sieur de La Mothe, vostre nepveu, et quoy que l'effort qui y a esté faict n'ait apporté le fruit que je desirois, si ne laissè je de vous sçavoir autant bon gré du devoir que vous y avez rendu de vostre part, et ay tant d'asseurance de vostre dévotion au bien de mon dict service que, en toutes occasions qui s'en présenteront, vous y apporterez tous les bons effects qui peuvent dépendre de vous. Je adviseray à ce qui se pourra faire sur cest accident de Domme et y donneray tout l'ordre et remède que l'estat de mes affaires pourra porter; priant Dieu qu'il vous ait, monsieur de La Mothe, en sa saincte et digne garde.—Escript à Bloys le xxviȷe jour de novembre 1588.—Henry.—Revol.

[Au dos est écrit]:

A Monsieur de La Mothe Fénélon, Chevalier de mes Ordres, Conseiller en mon Conseil d'Estat et Cappitaine de cinquante hommes d'armes de mes Ordonnances.

[18] «Testament fait au château de Fénélon en Périgord, le jour de la feste de Saint Michel, 29 de septembre 1594, par Haut et Puissant Messire Bertrand de Salaignac de La Mothe Fénélon, Chevalier des deux Ordres du Roy, Conseiller d'Estat de Sa Majesté, Sr Vicomte de Saint Julien de Lanpont et Baron de Lobert, par lequel il demande d'être inhumé dans le tombeau de ses pères dans la forme des obsèques et funérailles accoutumés pour un chrestien de sa qualité en l'église catholique et romaine;—charge son héritier de raporter dans l'année de sa mort son grand colier de l'Ordre du Saint Esprit au Roy avec le respect et révérence qu'il convient, selon le statut de cet Ordre;—lègue une coupe d'argent doré à son très honoré et très cher nepveu révérend père en Dieu, messire Loys de Salaignac Évesque de Sarlat;—trois autres coupes pareilles à mesdemoiselles de Gaulejac, et de Fonpiton, veuves de ses très chers frères et à madame de La Mothe Fénélon, veuve de son bien aimé nepveu;—cinq mil écus à son très cher nepveu messire Armand de Salaignac, chevalier, seigneur de Gaulejac;—trois mil trois cens trente trois escus un tiers à son très cher nepveu noble Pierre de Salaignac Sr. de Fonpiton;—cinquante escus à chacune de ses bien aimées nièces, filles de feu messire Armand de Salaignac, très honoré frère aîné du testateur, comme de feue damoiselle Caterine de Salaignac dame de Lostanges sa très chère sœur;—trois mil trois cens trente trois escus un tiers à sa bien aimée nièce Caterine de Salaignac femme du Sr. de Clarens, en considération de ce qu'elle est chargée d'affaires et d'enfans;—mil escus à son très cher nepveu noble Pons de Salaignac de Fonpiton.