[54] Grenades.

[55] Le concile de Trente, ouvert le 13 décembre 1545, contre Luther et les autres hérétiques, s'était prolongé sous les trois papes, Paul III, Jules III et Pie IV, pendant vingt-un ans; il fut terminé, après vingt-cinq sessions, dans la séance du 4 décembre 1563. Tous les parlements du royaume se refusèrent à l'admettre; cependant les protestants soutenaient qu'on voulait leur en faire l'application en France, où leur extermination était résolue. Le voyage, entrepris par le roi et la reine-mère en 1564 et 1565, n'avait pas, disait-on, d'autre objet. Charles IX et Catherine de Médicis avaient alors parcouru tout le royaume en commençant par la Lorraine et la Bourgogne. Après avoir passé l'hiver en Languedoc, ils s'étaient rendus à Bayonne, où ils se trouvèrent réunis, le 10 juin, avec Élisabeth, reine d'Espagne, et le duc d'Albe. On a dit que ce fut dans cette conférence, et surtout par l'instigation du duc d'Albe, que fut arrêtée la résolution du massacre des protestants, qui s'exécuta sept ans après, le 24 août 1572, jour de la Saint-Barthélemy. Quoi qu'il en soit, il n'est pas douteux que des mesures violentes n'aient été alors proposées contre eux et les nouvelles conférences tenues, peu de temps après, sur les frontières de Picardie, alors que le duc d'Albe avait déjà commencé une guerre de religion, vinrent encore ajouter à leurs inquiétudes.—A l'égard de la cession prétendue faite par la reine d'Écosse au duc d'Anjou de ses droits au trône d'Angleterre, ce point d'histoire n'a jamais été bien éclairci: la suite de cette correspondance nous permettra de faire connaître toute la vérité sur un fait aussi important. Voyez la xxxvıııe Dépêche.

[56] Élisabeth fait ici allusion à ce qui s'était passé en 1548 et 1549. Le duc de Sommerset, régent du royaume pendant la minorité d'Édouard VI, avait résolu de marier ce prince avec Marie Stuart; il avait eu recours aux armes pour vaincre les résistances des Écossais, qui ne voulaient pas que leur reine épousât le roi d'Angleterre. Léon de Strozzy, qui était en Ecosse comme volontaire, étant parvenu à arrêter les Anglais dans leur conquête, Henri II envoya aussitôt aux Écossais un secours de six mille hommes commandés par d'Essé, qui, après avoir repris aux Anglais les places dont ils s'étaient déjà emparés, fit conduire la jeune reine à la cour de France, où elle fut élevée jusqu'à son mariage avec le Dauphin, depuis François II.—Au mois d'août 1549, pendant que les Anglais étaient occupés en Écosse, Henri II envahit lui-même, sans déclaration préalable de guerre, la Picardie et le Boulonnais, qui se trouvaient alors, pour la plus grande partie, sous la domination de l'Angleterre.

[57] Mann, son ambassadeur à Madrid en 1568. Voyez la note p. 97.

[58] Tous les noms mis en italique avaient été laissés en blanc par le secrétaire; ils ont été remplis ensuite, sur le registre, de la propre main de l'ambassadeur.

[59] Ce fait, qui se trouve ainsi fixé entre les années 1547 à 1559 (règne de Henri II), se rapporte probablement à l'expédition tentée sur la Toscane, pendant la guerre de Sienne, en 1554, par Pierre Strozzi, avec le secours de la France. Cosme 1er de Médicis, duc de Florence en 1537, duc de Sienne en 1555 et grand-duc de Toscane en 1569, gouvernait alors. Son règne, qui s'est prolongé jusqu'en 1574, a été signalé par une suite non interrompue de proscriptions et de supplices.

[60] Le mémoire contenant les plaintes des Anglais n'a pas été transcrit sur le registre de l'ambassadeur, qui renferme seulement la copie de l'ordonnance.

[61] C'est-à-dire de ce qu'ils peuvent entreprendre contre mes fidèles sujets.

[62] Remportée à Jarnac, sur la Charente, le 13 mars 1569.

[63] En 1561.