S'entend q'un navyre a esté naguyères chargé en Anvers de corseletz, morrions et d'arquebuses, lequel a abordé à la Rye, et s'en va à la Rochelle; il se pourrait bien donner ordre que ceulx de la Rochelle ne tirassent telle commodité du dict Anvers;
Et que le conseiller Cavaignes a faict par deçà une aultre provision de pouldres, pour envoyer au dict lieu de la Rochelle, et qu'il est après à les fère embarquer.
Les dicts de la Rochelle ont envoyé, comme on dict, un navyre chargé de vin à ceste Royne, et la Royne de Navarre a donné à Me. Ouynter une chaine de quatre cens escuz, et ceulx de la ville six cens escuz en or.
Il y a deux soldatz gascons, qui se sont desrobés du dict lieu de la Rochelle, et sont venuz sur les navyres du dict Me. Ouynter, qui veulent aller trouver Leurs Majestez, se disans estre catholiques. L'on pourra par eulx entendre aulcunes choses du faict du prince de Condé et du dict lieu de la Rochelle.
L'on a faict imprimer icy, en langaige anglois, la lettre escripte au susdict Cavaignes, dont la coppie fut envoyée par la dernière dépesche, de quoy s'estant plainct le dict Sr. de La Mothe comme de chose qui désavantageoit les affères du Roy l'on luy a promiz de chastier l'imprimeur.
L'on a faict veoir, par interposées personnes, au dict Sr. de La Mothe l'aultre discours venu de la Rochelle, dont la coppie a esté aussi envoyée en la dernière dépesche; mais y ont adjousté ce qui est contenu en ung mémoire miz dans ce pacquet.
L'on monstre, despuis peu de jours, plus de rigueur qu'on ne souloit, à la Royne d'Escosse, et c'est pour la presser de renoncer à sa couronne, et l'a on menassée, si elle faict difficulté, d'aller là où l'on a ordonné de la remuer, comme à la vérité il luy griefve bien fort, qu'on l'enlèvera, elle et une aultre seule femme avecques elle, dans leur lict, pour les y pourter par force dans une lityère bien fermée à clef; de quoy elle a mandé au dict Sr. de La Mothe d'en fère instance, comme il fera la première foys qu'il verra ceste Royne. Et disent les depputés de la dicte Royne d'Escosse, qu'encor qu'on ne doibve espérer nul bien de ce costé pour elle, si sera elle pirement trettée, si l'on sent qu'il y doibve avoir ropture entre ces deux royaulmes. Ceulx cy ont quelque doubte qu'ilz ne la puissent remuer sans qu'il y ayt quelque ellévation au quartier où elle est maintenant.
AULTRE MÉMOIRE A PART AU DICT LA VERGNE.
Représentera à Leurs Majestez la disposition en quoy ceulx cy se mectent pour soubstenir la guerre, qu'ilz disent que le duc d'Alve leur a commancée, et la rigueur qu'ilz ont tenu à son ambassadeur Mr. d'Assoleville, et comme despuys cella ilz font plus de démonstration de vouloir garder la paix avecques nous qu'ilz ne souloient, et qu'ilz sont promptz à nous bailler toutes provisions de justice qu'on leur demande pour les Françoys;
Que la saysie de Roan les a aussi renduz plus modérés en nostre endroict, et semblent qu'ilz favoriseront dorsenavant moins ouvertement le prince de Condé, s'il plait à Leurs Majestez les asseurer de la continuation de la paix et lever la dicte saysye. Aultrement il semble qu'ilz accorderont avec les Pays Bas, en dangier de se déclairer contre nous et d'employer leur présant armement en la faveur du prince de Condé.