A esté adjouxté par le sr. de la Mothe Fénélon, ambassadeur du Roy, ce qui s'ensuyt:
Ayant la Majesté de la Royne d'Angleterre veu et leu la promesse, que le Roy, Mon Seigneur, a faict et signée de sa main le vııȷe de juillet 1569, touchant la restitution des biens des Anglois en son royaulme, et desirant d'user de toute correspondance à icelle, l'a faicte regarder aulx seigneurs de son conseil, qui ont estimé estre mal aysé de pouvoir exécuter une promesse du tout semblable pour les Françoys en Angleterre; dont m'en ont faict remonstrer les difficultez suyvant lesquelles la Majesté de la dicte Dame a trouvé bon de faire une déclaration et promesse, signée de sa main, pour la restitution des biens des Françoys en son royaulme, en la forme qui est mise cy dessus, et que, jouxte la teneur d'icelle, les deux soyent exécutées en France et en Angleterre au proffict de leurs communs subjectz; et ainsy l'a accordé, au lieu de Richemond le xxvııȷe de juillet 1569.
Le DÉPESCHE
—du Ve d'aoust 1569.—
(Envoyée exprès jusques à Calais par Jehan Valet.)
Emprunt fait en Angleterre sur les joyaux de la reine de Navarre.—Armement de plusieurs navires de guerre par les envoyés d'Allemagne et de la Rochelle.—Proposition faite aux Anglais de faciliter à leurs vaisseaux une descente en Normandie.—Troubles de Suffolk, Norfolk et d'Irlande.—Préparatifs d'une nouvelle flotte marchande pour Hambourg.—Démarches de l'ambassadeur d'Espagne afin d'obtenir audience.—Départ de sir Henri Chambrenant pour la Rochelle avec plusieurs volontaires.
Au Roy.
Sire, pendant que la Royne d'Angleterre a séjourné à Richemont, Mr. le cardinal de Chatillon, le vydame de Chartres, le Sr. Du Doict et le Sr. Dolovyn, agent du prince d'Orange, ont esté souvant devers elle pour luy faire plusieurs sollicitations au contraire de ce que, en ma dernière audience, je l'ay instantment priée ne vouloir faire ny souffrir estre faict en son royaulme au préjudice de la paix. Sur quoy elle a assemblé ceulx de son conseil, lesquelz, à ce que j'entendz, n'ont ainsy entièrement résolu les choses comme les aultres desiroient, et ne m'ont du tout déboutté de mes justes remonstrances; ce que je métray peyne de sçavoir plus en particulier et au vray. Tant y a que le dict sieur Cardinal a mené, durant ce séjour, les seigneurs de ce conseil faire bonne chère en son logis à Chin, et, ung jour de la sepmaine passée, luy et les aultres députez de la Rochelle ont aporté monstrer à la dicte Dame les bagues de la Royne de Navarre, lesquelles elle a esté curieuse de veoir, et aulcuns orfèvres ont esté appellés pour les priser: qui, à ce que j'entendz, les ont estimées valloir soixante mil livres esterlin, c'est deux cens mil escuz; et m'a l'on dict que la dicte Dame s'est excusée de prester rien dessus, mais qu'on se retirât aulx merchans pour y trouver deniers, dont semble que Me. Grassan, principal merchant de ceste ville, qui est néantmoins facteur de la dicte dame, ayt prins la charge de faire fornir sur icelles trente mil livres esterlin, c'est cent mil escuz; et crains bien fort, nonobstant aulcuns empeschemens que l'on y a miz, que la somme se trouvera: car il n'est possible de persuader qu'on puysse ny doibve empescher les particulliers, qui veulent faire ce secours et assistance à ceulx de leur religion.