(Plus a esté miz à la lettre de Mr. de l'Aubespine, du dict jour, par postile, que:—ayant ung peu eschauffé les seigneurs de ce conseil sur la pratique de continuer la paix et le commerce d'entre ces deux royaulmes, ilz m'ont envoyé les noms des merchans qu'ilz ont ordonné passer à Roan pour la dellivrance des biens des Anglois par dellà, avec asseurance que la Royne, leur Mestresse, me baillera lettre, signée de sa main, pour fère restituer aulx Françoys leurs biens, qui sont arrestez par deçà, au mesmes jour que le Roy, par lettre aussi signée de sa main, mandera fère la dellivrance aus dictz Angloys; dont vous prie, monsieur, pendant que les choses sont en quelques bons termes, envoyer, du premier, à Mr. le maréchal de Cossé ou à moy, une lettre de Sa Majesté, qui porte en substance ce qui est contenu en ce billet à part et je procureray en avoir aultant de la dicte Dame:
«Qu'il soit le bon playsir du Roy d'accorder une lettre, signée de sa main, portant promesse que tout ce qui est prins ou arresté, des biens des Angloix, en son royaulme, leur sera randu, et la réelle dellivrance leur en sera faicte, au mesmes jour et temps que la Royne d'Angleterre, sa bonne sœur, par aultre lettre aussi signée de sa main, déclairera que ce qui a esté prins et arresté en Angleterre ou qui s'y trouvera, en essence, apartenir aulx Françoys ou que iceulx Françoys monstreront et vériffieront sommairement leur apartenir, leur sera réallement restitué; et que Sa Majesté trouve bon que ce soit le xe de juillet prochain, 1569; et, au reste, que des prinses et pilleries qui ont esté commises, d'ung costé et d'aultre, Leurs Majestez feront mutuellement administrer justice à leurs communs subjectz jouxte la teneur des trettez.»
Passeront en France, pour tretter sur le relaschement des biens arrestez des Angloix, Richart Patrik, Thomas Waker, et Françoys Benysson, marchandz de Londres.)
XLIe DÉPESCHE
—du XVe jour de juing 1569.—
(Envoyée par Olyvier Champernon jusques à Calais.)
Nouvelles instances des protestants pour faire déclarer la guerre.—Entrevue de l'ambassadeur et d'Élisabeth.—Efforts de l'ambassadeur pour convaincre la reine qu'il n'y a point de ligue formée contre sa religion.—Déclaration d'Élisabeth qu'elle est certaine du contraire, mais qu'elle-même s'est liguée avec les princes protestants pour la défense de sa religion, et qu'elle n'a nul besoin de recourir aux armes.—Elle manifeste le désir de voir terminer les troubles de France par une nouvelle pacification.—Elle laisse entendre que le roi est trahi, et annonce que de nouvelles levées se font en Allemagne.—Heureux retour et désarmement de la flotte de Hambourg.—L'ambassadeur déclare qu'il a confiance dans le maintien de la paix, mais que l'on n'en doit pas moins se préparer à la guerre.—Refus fait à l'ambassadeur de lui laisser visiter l'ambassadeur d'Espagne.—Promesse d'Élisabeth de se montrer favorable à la reine d'Écosse.—Remontrances de l'ambassadeur pour assurer l'entière liberté du commerce avec la France, et faire interdire tout commerce avec la Rochelle.—Réponse du Conseil aux remontrances.
Au Roy.