Sur quoy, pour leur faire prendre bonne espérance et les retenir toutjour en la dévotion, qu'ilz ont esté jusques icy vers Voz Majestez, et pour descouvrir plus avant toutes choses par leur moyen, je leur ay mandé que j'avois esté toutjours réputé si fidelle à vostre service, et si loyal à voz intentions, que si cest affaire estoit en telz termes qu'ilz dizoient, il ne passeroit guières que Voz Majestez ne m'en fissent entendre leur intention, et que la conclusion ne se feroit sans que je y fusse employé; dont je les asseurois que Voz dictes Majestez ne consentyroient jamais le passaige de Monsieur en ce royaulme, sans qu'il eust bonne intelligence avec eulx, et sans que les affaires de la Royne d'Escosse, et les leurs, n'en demeurassent bien accommodez, et que de cella vous leur en donriez la main et vostre promesse; chose, Madame, que, comme elle semble nécessaire et fort importante pour bien asseurer le négoce, ainsy est il requis qu'elle soit tenue fort secrecte et menée bien dextrement.

Il est venu quelque sentyment de ce party à la notice de l'ambassadeur d'Espaigne, et de celluy, qui est agent icy pour le Pape, dont en ont escript chauldement dellà la mer. Je sçay aussi que l'évesque de Roz en a escript à Mr le cardinal de Lorrayne, dont ne luy fauldra dényer le faict, s'il vous en parle, mais luy donner meilleure espérance par là des affaires de la Royne d'Escosse que jamais. Le Sr Cavalcanty a grand désir de passer en France pour servyr d'un tiers neutre à mouvoir ce propos entre Vostre Majesté et milord de Boucard, parce qu'il estime ne se pouvoir avec dignité entamer par l'ung ny l'aultre party, sans ung tel moyen; et sur ce, etc.

Ce xvııȷe jour de janvier 1571.

Il semble fort requis que Vostre Majesté ne se haste de dépescher message ny ambassade par deçà sans voir que l'affaire soit comme tout asseuré.

CLVIe DÉPESCHE

—du XXIIIe jour de janvier 1571.—

(Envoyée exprès jusques à Calais par Jehan Volet.)

Retour d'Élisabeth à Londres après la cessation de la peste.—Affaires d'Écosse.—Audience.—Plainte de la reine au sujet de la descente d'un parti de Français en Irlande.—Avis donné par elle d'une levée qui se prépare en Allemagne.—Son désir de voir la réunion des églises proposée par le roi.—Négociation des Pays-Bas.—Lettre secrète à la reine-mère. Conférence de l'ambassadeur avec le cardinal de Chatillon sur le projet de mariage du duc d'Anjou.—Avis sur l'entreprise faite en Irlande par des Bretons.

Au Roy.