Sur quoy il m'a mandé, depuis, qu'il me remercyoit de mon advertissement, et qu'il cognoissoit qu'il estoit véritable, dont m'assuroit avoyr incontinent escript à ses dictz citoyens d'entendre incontinent à la paix, et d'accepter les condicions que Vostre Majesté leur voudroit offrir, pourveu qu'ilz vissent de la seureté pour leurs vyes, et qu'ilz puissent obtenir quelque exercisse de leur religyon pour leurs consciences.

Il y a ung gentilhomme de Normandye, nommé Des Troyspierres, qui est depuis huict jours passé en ce royaulme. Il semble qu'il a crainct que, à cause de ceste praticque du Hâvre, l'on ne voulût courre sus à ceulx de sa religyon, dont est venu à refuge par deçà.

Je continueray, Sire, aultant qu'il me sera possible, de veiller icy, et d'y estre soigneux de vostre service; mais le deffault de santé et mes aultres nécessitez me contreignent de vous supplyer très humblement pour mon congé, et en presser fort instamment Vostre Majesté. Sur ce, etc.

Ce XIIe jour de décembre 1574.

ADVIS A LA ROYNE.

Madame, je suis bien en peyne pour la praticque, que je sentz qu'on mène tousjours pour fère changer de gardien à la Royne d'Escosse. Vray est que la résolution n'en est pas encores prinse, et je tiens le plus ferme que je puis qu'elle ne se face poinct. Dont j'espère que, si le comte de Cherosbery se rend ung peu difficile, de son costé, comme il y a grande apparance qu'il le fera, que les choses en demeureront à tant, et qu'on n'entreprendra poinct de la luy oster. La comtesse de Lenox vient d'arriver, laquelle yra demain en court. Elle crainct bien fort l'indignation de la Royne, sa Mestresse, et qu'elle ne la face remettre dans la Tour, à cause de ce mariage, mais elle s'appuye sur des amys qu'elle pense qui luy sauveront ce coup.

CCCCXXIIIe DÉPESCHE

—du XVIIIe jour de décembre 1574.—

(Envoyée jusques à Calais par la voye du Sr Acerbo.)