Comme je fermoys la présente, l'on m'a adverty qu'ung courrier de Mr le docteur Dayl vient de passer vers Richemont, qui porte la nouvelle du sacre et couronnement, et du mariage de Vostre Majesté, de quoy je loue Dieu. Il y mesle je ne sçay quel rencontre en Languedoc, où Mr d'Uzez a heu du pire. J'espère qu'il ne sera ainsy.

A la Royne

Madame, les choses n'eussent peu passer avec plus de satisfaction de la Royne d'Angleterre, ny dont vous en eussiez peu tirer plus largement d'elle, sur la faute que milord de North avoit commise entre Voz deux Majestez, ainsy qu'elles ont esté conduictes par l'ordre que m'avez commandé d'y tenir. Qui espère, Madame, que Vostre Majesté aura plésir d'en entendre le discours, lequel, parce qu'il contient des diversitez qui sont assez considérables, et qui conviennent avec d'autres choses que je suis après à tirer d'aylleurs, je réserve de vous mander le tout ensemble par mes premières, avec ung des miens qui vous en récitera ce qui seroit ou malaysé ou trop long de le vous mander par escript. Et cepandant je vivray en peyne du bruict qu'on faict courir icy de l'indisposition du Roy jusques à ce qu'il plerra à Dieu m'en fère ouyr de meilleures nouvelles, et aussy de quelque différant qu'on publye estre advenu entre le Roy de Navarre et Mr de Guyse, jusques avoyr mis la main a l'espée l'ung contre l'aultre; mais j'espère que ces nouvelles seront semblables à plusieurs aultres, yssues de mesme bouticque, qui se sont trouvées faulces, ainsy que j'en prie Dieu de bon cueur. Et sur ce, etc.

Ce XXIe jour de febvrier 1575.

Ceste lettre estoit escripte et signée quand le courrier est passé qui porte l'heureuse nouvelle du sacre et couronnement et mariage du Roy, vostre filz, dont je loue Dieu de bon cueur.

CCCCXXXVIe DÉPESCHE

—du dernier jour de febvrier 1575.—

(Envoyée exprès jusques à la court par le Sr de Vassal.)

Détails de la précédente audience.—Déclaration du roi de la fausseté des propos rapportés par lord de North.—Satisfaction d'Élisabeth de cette déclaration.—Protestation de sa part qu'elle n'a voulu faire aucune offense à la reine.—Plainte d'Élisabeth du silence gardé par la reine-mère à ce sujet.—Communication de la lettre écrite par Catherine de Médicis à l'ambassadeur.—Explications données par Élisabeth.—Assurances qu'elle veut maintenir l'amitié avec la reine-mère et le roi.