Et sur cella j'entends qu'il luy est arryvé, de son ambassadeur, ung pacquet, lequel luy a donné assés de satisfaction du bon rapport qu'a faict d'elle et des choses de deçà Mr de La Chastre, et comme il vous a pleu commander à icelluy mesmes Sr de La Chastre, et à Mrs de Limoges et de Chiverny, d'aller apporter beaucoup d'honnestes et agréables mercyementz, de vostre part, à son dict ambassadeur; ce qui l'a grandement contantée. Mais il semble bien qu'il ne luy ayt donné guyères d'espérance que vueillés pourvoir aulx particullières demandes qu'elle vous a mandé fère pour aulcuns de ses subjectz. De quoy elle et ceulx de son conseil demeurent fort escandalizés, et disent qu'il n'est pas possible que l'amityé se puisse conserver entre Voz deux Majestez, si la justice n'est mutuellement, là et icy, administrée à voz communs subjectz. Et pour ceste occasion, ilz m'ont faict tomber une lettre entre mains que Me Chambernon m'a escripte pour fère que, par la presse que cestuy faict de son affère, Vostre Majesté cognoisse combien ceste princesse est pressée, de plusieurs aultres des siens, de leur pourchasser quelque rayson et restitution en France.
J'ay faict recepvoyr en bonne part à milord de St Jehan, l'escossoys, la responce que m'aviez commandé de luy fère, lequel se contantera qu'il vous playse luy envoyer une vostre lettre de protection; car il proteste que ce n'a esté pour gain ny pour ambition qu'il s'est adressé à Vostre Majesté, ains pour la servitude qu'il vous porte, et pour la naturelle affection qu'il porte à vostre couronne, et qu'il espère bien de fère que ce tesmoignage de vostre faveur, que vous luy donrez maintenant, servira de beaucoup à establir l'authorité de vostre nom et celle de vostre alliance en Escosse, et qu'il vous y regaignera cinq centz, voyre mille gentilshommes pour fère entièrement ce que vous leur commanderez. L'on m'a dict que, au dict pays, la noblesse et le peuple sont après à déposer, toutz d'ung accord, le comte de Morthon de la régence pour la bailler à l'ung des enfans du feu duc de Chastelleraut, ou bien au comte de Honteley: qui seroit chose peu agréable en ceste court. Je mettray peyne d'en avoyr plus de certitude, affin de le vous mander par mes premières. Et sur ce, etc.
Ce VIe jour de may 1575.
Par postille à la lettre précédente.
Sire, vostre service souffre icy du détriment beaucoup, et moy de la honte bien grande et une nécessité insupportable, pour le tort, que le Sr Scipion Sardiny me faict, de ne me vouloir payer les assignations que Mr le trézorier de l'espargne m'a, dez l'année passée, baillée sur luy; qui vous supplye très humblement luy commander qu'il ayt à les acquitter tout promptement aulx Srs Macey et Cevany pour le Sr Acerbo Velutelly; lequel prétend de me fère mettre en arrest, pour troys mille escus qu'il m'a desjà advancez, et pour l'intérest des troys foyres que le dict Sardiny a layssé passer sans le vouloyr contanter.
CCCCXLIXe DÉPESCHE
—du XIIe jour de may 1575.—
(Envoyée exprès jusques à Calais par la voye du Sr Acerbo.)
Intrigues pour forcer Élisabeth à prendre le parti des protestans de France.—Négociation du roi d'Espagne avec l'Angleterre.—Affaires d'Écosse.—Nouveau danger de Marie Stuart.—Poursuites faites à raison de lettres qui lui ont été adressées.—État de la négociation de la paix en France.