Il est bien vray que ceulx cy se monstrent, à ceste heure, sur ceste descente des reystres en vostre royaulme, plus esmeus et eschauffés à tenter quelque chose par dellà, qu'ilz ne faisoient; et nous a l'on dict qu'ung des plus authorisés de ce conseil prétend de se signaler, à ce coup, par des entreprinses qu'il pense si bien conduyre au prouffit de ceste couronne que, pour le moins, Callays y demourera. Dont y a des vaysseaulx de ceste princesse et d'aultres particulliers en mer, mais nous n'estimons pas, attandu le petit et foible équippage en quoy ilz sont, qu'ilz puissent fère grand effort, ny ne voyons, pour encores, qu'il se prépare aulcun nouveau avitaillement de navyres pour les suyvre, bien qu'à dire vray les navyres sont, de toutes aultres choses, prestz. Néantmoins il sera tousjours bon que Vostre Majesté face advertyr au dict Callays et à Boulogne, et au long de la coste de dellà, qu'on s'y tienne bien sur ses gardes.

Tout le reste qu'aurions à vous escripre maintenant sera remis au retour de moy, La Mothe, qui partiray aussytost que mes nepveus seront de retour de devers la Royne d'Escoce, aydant le Créateur; auquel je prie, après avoyr très humblement baysé les mains de Vostre Majesté qu'il vous doinct, Sire, en parfaicte santé, très heureuse et très longue vie, et toute la grandeur et prospérité que vous desire.

Ce XXe jour de septembre 1575.

A la Royne

Madame, nous nous sommes conduictz en ceste négociation du propos de Monseigneur, vostre filz, avec ceste princesse, par le meilleur ordre et la plus grande pacience qu'il nous a esté possible; et avons esté bien ferme ez poinctz que nous aviez commandez, jusques avoyr mené la dicte Dame et ceulx de son conseil au fin bout de ceulx aulxquels ilz sont résolus de demeurer; et sur lesquels la conclusion ou la ropture s'en prendra; qui avons esté contans, pour aulcuns bons respects, d'accepter les responces qu'elle mesme nous a faictes, qui sont bien fort honnorables, et lesquelles, si on les considère bien, sont pour vous apporter beaucoup de satisfaction et pour mettre en vostre main de quoy parfère ou bien de quoy laysser ceste poursuite, sans altération de l'amityé; ainsy que Vostre Majesté le verra par les lettres que, moy, de Mauvissière, vous escripray, et que moy, de La Mothe, vous iray apporter, et vous réciter toutes ces particullaritez par le menu, aussytost que ceulx qui sont allez devers la Royne d'Escosse seront de retour, qui sera bientost, Dieu aydant; auquel je prie, après avoyr très humblement baysé les mains de Vostre Majesté qu'il vous doinct, Madame, en parfaicte santé, très heureuse et très longue vie et tout le bien et prospérité que vous desire.

Ce XXe jour de septembre 1575.

FIN DU SIXIÈME VOLUME ET DERNIER DES DÉPÊCHES DE LA MOTHE FÉNÉLON.


NOTES: