Or, est il bien certain, Sire, que, sur le renouvellement des présents troubles de vostre royaulme, il a esté tenu, icy, diverses assemblées de conseil; et plusieurs dellibérations y ont esté mises en avant, ainsy que Vostre Majesté en a eu, comme je voy, quelque sentiment; mais, encor qu'on y ayt procédé aulx opinions, et que tel peut avoyr monstré d'incliner bien fort à la guerre ouverte, qui, possible, est plus remis que nul des aultres, je ne puis toutesfoys descouvrir qu'on en soit venu encores à quelque conclusion. Et je mettray peyne, aultant qu'il me sera possible, s'il s'en faict aulcune, que l'effect d'icelle ne passe oultre, sans que je vous en puisse donner quelque advertissement; ne voulant toutesfoys mettre en doubte que, si ce nouveau feu s'allume davantage, ceulx cy ne facent ouvertement, ou soubz main, tout ce qu'ilz pourront pour le fomenter.

Le comte de Montgommery est si près de la coste de dellà, et si esloigné d'icy, que Vostre Majesté peut avoyr, plus souvent et ordinayrement, nouvelles de luy, que non pas moy; tant y a que je souspeçonne fort, parce que le Sr de St Ouan, de Gersey, a faict, icy, de nouveau, quelque provision d'harquebouzes et pistollés, que ce ne soit pour en accomoder davantage le dict de Montgommery.

L'oncle du comte d'Arguil estoit desjà party pour Escosse, quand vostre dépesche est arryvée, mais je l'ay, avant son partement, si bien instruict des mesmes choses, que m'avez escriptes, que j'espère qu'il les sçaura très bien représanter par dellà. Et sur ce, etc.

Ce XXVIIIe jour de mars 1574.

CCCLXXIIIe DÉPESCHE

—du IIe jour d'apvril 1574.—

(Envoyée jusques à la court par Anthoyne Laguète.)

Audience.—État des négociations en France pour rétablir la paix.—Réception faite au roi de Pologne dans ses états.—Nouvelle de la descente de. Montgommery en Normandie.—Protestation d'Élisabeth qu'elle a ignoré cette entreprise.—Doute sur la vérité de cette nouvelle.—Assurance donnée par l'ambassadeur qu'Élisabeth ne veut fournir aucun secours aux protestans de France.

Au Roy.