Et qu'il n'avoit jamays eu praticque ny intelligence avec pas ung qui portât les armes contre le Roy, ains leur avoit esté très adversayre, fussent ilz ses proches parantz, ou non, et avoit esté très esloigné, comme il estoit encores, et seroit toute sa vye, de leur religyon, n'y n'avoit esté meslé en toutes les menées que vous aviez eues suspectes à la court; mais que, en une si grande deffaveur et ruyne, qui estoit inopinèment, et, comme il espéroit que se trouveroit, sans juste cause, suscités contre toutz ceulx de sa mayson, et contre son beau père, qu'il avoit bien voulu éviter ce grand orage, le mieulx qu'il avoit peu, attandant que le temps et la clémence de Voz Majestez leur fît à toutz reluyre quelque plus beau jour;

Et que, considéré ce dessus, et qu'il n'avoit aulcune privée cognoissance avec les eslevez, ny avec pas ung de ceulx qui ont l'authorité parmi eulx, et qu'il sçavoit qu'ilz s'estoient pleinctz que, quand Mr de Montmorency avoit esté cy devant employé à leur fère poser les armes, ilz avoient esté lors les plus maltraictez, qu'indubitablement, s'il leur escripvoit à ceste heure, ilz se mocqueroient de luy, et de ses lettres, et qu'il ne pensoit poinct qu'il vous peût estre utille en cest endroict;

Néantmoins que Vostre Majesté advisât en quoy et comment il pourroit estre si heureulx que d'employer sa personne et sa vye, et toutz ses moyenz pour le service de Voz Majestez, et qu'il n'avoit aultre affection, ny dévotion, que de vous rendre toute la plus parfaicte et très humble obéyssance qu'il luy seroit possible, me priant de le vous fère ainsy entendre, et de vous tesmoigner qu'il protestoit à Dieu, et le prenoit en comdempnation de son âme, que toutz ses déportementz, icy, ne tendoient qu'à honnorer et révérer Voz Majestez, et de publier vostre louange, et la réputation de voz affères, le plus qu'il luy estoit possible, et n'y mouvoir rien, qui peût estre contre vostre service.

Et a monstré que, si je luy pouvois fornir d'ung passeport du Roy, ou qu'il vous pleût luy escripre quelque mot de lettre, qu'il vous dépescheroit incontinent ung des siens pour aller mieux comprendre vostre intention: qui est tout ce que j'ay peu tirer, pour ceste foys, de luy.

Et, sur les aultres remonstrances que je luy ay faictes, touchant les ministres qui le visitent souvant, il s'est efforcé de m'y satisfère, mais je verray comme il s'y conduyra.

CCCCXIIIe DÉPESCHE

—du XXIXe jour d'octobre 1574.—

(Envoyée exprès jusques à Calais par la voye du Sr Acerbo.)

Audience.—Mécontentement d'Élisabeth à raison du silence que garde le roi à son égard.—Présentation des lettres du roi par l'ambassadeur.—Satisfaction montrée par la reine.—Son desir de continuer l'alliance avec la France.—Conseils qu'elle donne au roi.—Difficulté qu'elle fait d'admettre les messages adressés à Marie Stuart et en Écosse.

Au Roy.