N'ayant autre chose à vous dire sur la dicte lestre du dict XIIIIe, qui me fera venir à celles du XIXe, par laquelle vous me mandez que ma dicte bonne sœur continue tousjours d'avoir l'esprit fort tendu à faire son proffict des malheurs de mon royaume, envoyant mesmes pour cest effect de grandz deniers en Allemaigne, où, sy elle veult remuer quelque chose qui soit à mon préjudice, j'estime que ce ne pourra estre pour ceste année, ayant une grande conformité d'adviz qu'il ne s'y fait aucunes levées; ne me restant, pour ceste heure, autre chose pour estendre la présente que je finiray en priant Dieu, etc.
Escript au Plessis lès Tours, ce dernier jour de septembre 1569.
CHARLES. BRULART.
Il a esté pourveu, pour le regard de Dombertrand, où l'on envoye jusques à dix mille livres de vivres, et deux cents hommes de pied, harquebusiers.
XXVI
LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
du XXXe jour de septembre 1569.—
Confiance dans la prudence de l'ambassadeur pour traiter les négociations secrètes dont la direction lui a été remise.—Bonnes dispositions de l'armée catholique à livrer bataille.
Monsieur de La Mothe Fénélon, nous avons bien particulièrement entendu, par vos deux dernières despesches, des XIIIIe et XIXe de ce moys, l'estat auquel sont les choses de par dellà, les propos que vous a tenuz la Royne d'Angleterre, ma bonne sœur, sur la nouvelle que le Roy, Monsieur mon filz, luy a donnée des mariages de luy et de ma fille, et aussy sur le faict de la Royne d'Escosse, contre laquelle elle se monstre, de jour en jour, plus offencée, ainsy mesme que le tesmoingne la lestre que m'avez escripte de vostre main, desirant le Roy, Mon dict Sieur et fils, que vous regarderez à traicter dextrement ce qu'il vous a mandé par celle que Sabran vous a portée[27]; dont vous sçaurez bien juger si l'occasion ne s'en présente pas à propos.