Dans l'Inde, les comptoirs de la France, quoique enclavés dans l'empire indien de l'Angleterre, n'ont pas déchu.

Quant aux établissements du Sénégal, ils se sont développés dans des proportions énormes. La population soumise à la France ne dépassait pas une quinzaine de mille âmes en 1815, et l'on n'y opérait qu'un très maigre trafic. Aujourd'hui la France y a poussé ses postes jusqu'au Niger. Plusieurs millions d'hommes y sont ses tributaires et le commerce du pays, prodigieusement accru, a atteint plus de 50 millions de francs.

L'oeuvre coloniale de la France, dans ce siècle, n'a pas consisté seulement à conserver et à, améliorer les épaves du son ancien domaine; de 1830 à 1847, elle a conquis l'Algérie. L'Algérie ne peut être comparée, ni comme étendue, ni comme fertilité aux immensités de l'Amérique du Nord ou de l'Australie. Mais la France, dans la colonisation de ce pays, a obtenu des résultats précieux. Elle y a implanté plus de quatre cent mille colons européens. Des villes florissantes se sont élevées sur l'emplacement des terrains incultes et des marais fangeux d'il y a quarante ans. Le mouvement commercial atteint cinq cent millions de francs.

A l'Algérie, la France vient d'ajouter la Tunisie, qui rivalisera bientôt de prospérité et de vitalité avec l'Algérie française.

Pour un peuple soi-disant incapable de coloniser, le résultat ne laisse pas que d'être satisfaisant.

En Océanie, la France possède l'archipel de Taïti. La Nouvelle-Calédonie, occupée à une date plus récente, a permis à la France de créer une colonie pénitentiaire dont tout le monde reconnaît l'utilité. Par la Cochinchine, elle a repris pied sur le continent asiatique; et, si ce n'est encore qu'un embrion d'empire colonial en extrême Orient, cet embrion est prodigieusement vivace. Elle paie tous ses frais d'administration, et verse en outre une contribution dans le trésor de la métropole. Sa population est d'un million et demi, et son commerce extérieur très considérable.

De ce qui précède, on peut reconnaître que la France commence à revenir à ces entreprises coloniales qui lui ont fait tant d'honneur au XVIIe siècle.

Dans de pareilles dispositions, le récit de ces grandes oeuvres auxquelles d'Iberville a eu une si large part, ne peut manquer d'intéresser ceux qui se préoccupent de l'agrandissement de la France par les établissements coloniaux.

Le gouvernement français a donné la preuve de ses sympathies particulières pour les anciennes colonies en nommant un des bâtiments nouvellement construits; Le Chevalier d'Iberville.

C'est ce que nous avons appris au moment où nous écrivions les dernières lignes de cette histoire.