D'Iberville s'était en outre emparé de trente navires, les uns armés en guerre, les autres chargés de marchandises.

Les nègres faits prisonniers, s'étant enfuis sur la montagne, à un endroit appelé le Réduit, on stipula que dans les trois mois à partir du jour de la capitulation, on transporterait à la Martinique 1400 nègres, ou la somme de cent piastres par chaque nègre qu'on ne remettrait pas.

Les pertes faites par les Anglais à, Niepce furent immenses.

La conquête de cette île répandit de grandes richesses a la Martinique, où d'Iberville alla déposer ses trophées.

D'Iberville mit bientôt après à la voile pour aller attaquer les flottes marchandes de la Virginie et de la Caroline. Il cingla vers la Havane afin de tomber sur la flotte de la Virginie pendant qu'elle s'assemblait pour retourner en Europe.

Mais, dit M. Guérin, dans son Histoire maritime de la France, cette entreprise importante fut interrompue par la mort prématurée de son chef. D'Iberville, qui avait conservé sa santé pendant vingt années de combats glorieux, de découvertes importantes et d'utiles fondations, fut victime, à la Havane, d'une attaque d'épidémie. M. Guérin affirme que si ses campagnes prodigieuses par leurs résultats avaient eu l'Europe pour témoin, d'Iberville eût en, de son vivant et après sa mort, un nom aussi célèbre que ceux des Jean Bart, des Duguay-Trouin, des Tourville, et serait parvenu, sans conteste, aux plus grands commandements dans la marine.

Depuis longtemps, cet illustre marin était affligé d'une maladie qui lui enlevait toutes ses forces. Il voyait sa santé décliner tous les jours. A un âge qui lui permettait d'espérer une longue existence (il avait à peine 45 ans), il se résigna noblement et il offrit avec générosité le sacrifice de cette existence qu'il avait remplie de tant de faits glorieux et pendant laquelle il croyait pouvoir terminer tant d'oeuvres importantes qu'il avait si admirablement commencées.

Il avait doté son pays de conquêtes immenses, il avait assuré le commerce des produits les plus variés et les plus riches, il s'était rendu maître de tout un immense continent, et était parvenu à détruire complètement le prestige militaire et naval de deux grandes puissances, l'Angleterre et l'Espagne.

D'Iberville voyait la mort arriver à grands pas. Il lui fallait donc renoncer à toutes ses espérances.

Ce qui aggravait sa position, c'était la pensée qu'il abandonnait son oeuvre à des mains qui n'étaient ni assez expérimentées ni assez éprouvées.