A la métropole les affaires étaient dirigées par des hommes d'un mérite incontestable, mais qui ne comprenaient pas l'importance, ni l'avenir de ces pays lointains.
Au centre de ces nouvelles colonies, ceux appelés à les régir se laissaient souvent conduire par des motifs d'intérêt personnel. Il eût fallu, d'une part, des administrateurs parfaitement éclairés sur la valeur des nouvelles conquêtes; d'autre part, une direction désintéressée sur les autorités subalternes.
C'est, dans ces tristes prévisions que le chevalier d'Iberville débarqua à la Havane, étant si malade qu'il ne pouvait plus supporter la mer. Il fut transporté à l'hôpital, où il se prépara sérieusement à recevoir les secours de cette religion qu'il avait si fidèlement observée toute sa vie, et à laquelle il avait toujours eu recours au milieu des plus grands dangers.
D'Iberville expira à la Havane, le 5 juillet 1706, après avoir reçu tous les secours de la religion, comme on en trouve la preuve dans les registres de la paroisse principale de la ville, que nous citons ci-après.
D'Iberville ne fut inhumé que le 5 septembre, dans l'église paroissiale majeure de Saint-Christophe, où on ensevelit plus tard les restes de Christophe Colomb, ramenés de Séville.
Voici comme est relaté l'acte de décès de d'Iberville:
«En la cité de la Havane, le 5 septembre 1706, a été inhumé dans cette sainte église paroissiale majeure de Saint-Christophe, M. Moine de Berbilla, natif du royaume de France, muni des saints sacrements.
«JEAN DE PETTROZA,
«Prêtre de l'église majeure.»
Moine de Berbilla n'est qu'une corruption espagnole de la prononciation de Le Moyne d'Iberville.
Après la mort de son mari, Mme d'Iberville passa en France, et épousa en secondes noces le comte de Béthune, lieutenant général des armées du roi.