—C'est papa.

—Ton père est donc musicien? il n'est donc pas charron?

—Pourquoi donc cela? répond l'enfant; est-ce qu'il n'est pas permis d'être charron et musicien? mais moi je ne serai que musicien, je ne veux pas être charron, cela fait perdre trop de temps.

—Veux-tu venir avec moi à Vienne? dit l'étranger, charmé de la vivacité des reparties du petit Joseph.

—Non, répond l'enfant, papa ne pourrait plus me donner mes leçons de musique.

—Oh! qu'à cela ne tienne, je t'emmènerai dans un endroit où tu feras de la musique toute la journée; tu recevras des leçons de violon, de clavecin, de chant, de latin, de tout ce que tu voudras. Tu auras une belle robe rouge le dimanche, et tu chanteras à l'église de Saint-Stéphan.

—Oh! alors, je veux bien, reprend l'enfant avec joie, partons à l'instant.

—Un moment, dit l'étranger: il faut au moins que ton père consente à se séparer de toi.—L'enfant rougit, il baisse la tête, ses yeux se remplissent de larmes.

—Comment! dit-il en tremblant, est-ce que vous n'emmènerez pas non plus papa et maman?

—Avec la meilleure volonté du monde, c'est impossible, répond l'étranger en riant. Tu conçois bien, mon petit ami, que je ne peux pas faire recevoir ton père et ta mère, à la maîtrise comme enfants de chœur.