—Oh! mon Dieu! il n'y a rien de si facile… le Temple de la Paix?… Voyons… D'abord la scène représente le théâtre de la guerre. La première entrée, ce sont des guerriers qui frappent sur leurs boucliers, cela fera un très-bon effet, et puis Mars viendra chanter un air où il dira:

Je suis le plus cruel des dieux,

Je porte la mort en tous lieux.

Deuxième entrée, des guerriers avec des javelines. Chœurs de bergers éplorés, de bergères désolées, d'amours échevelés et de grâces désespérées. Le fond du théâtre s'ouvre, la paix descend du ciel, dit qu'elle vient rendre le bonheur à la terre; un ou deux changements à vue, une chaconne, trois menuets, une gigue, une courante, deux rigaudons, une passe-caille, et puis le chœur final:

Dansons, chantons tous à la fois,

Louis est le plus grand des rois.

Cela sera magnifique, et nous aurons le plus grand succès.

—Allons, fou que vous êtes, croyez-vous avancer la besogne avec toutes ces balivernes? Parlons un peu raison, si vous en êtes capable un instant.

—Voilà ce qu'il convient de faire, dit sérieusement Lully. Nous avons composé ensemble plusieurs entrées de ballets, dansés à la cour devant le roi, cousez-moi tout cela ensemble tant bien que mal avec quelques récitatifs, et je me charge de tout faire aller pour le mieux. Si cela n'est pas trop mauvais, nous le ferons jouer à Paris en attendant Armide, que cela va un peu retarder.

—Revenez donc demain matin, lui dit Quinault, et je serai bien avancé. Voyez d'avance vos acteurs et vos danseurs.