De retour chez lui, il s'enferma dans une chambre avec Petit-Pierre qui avait préparé tous ses ustensiles de cuisine, et le compositeur aida le cuisinier dans toutes ses préparations culinaires; puis ils se mirent tous deux à table, et firent tellement honneur au festin, qu'au bout d'une heure ils étaient complétement gris. Les deux amis pleuraient de tendresse, et s'embrassaient avec une effusion de cœur admirable; ils se prodiguaient les louanges à l'envi.

—Ah! quelle admirable musique, s'écriait Petit-Pierre!

—Quel délicieux macaroni! répondait Lully.

—Que c'était beau! reprenait Petit-Pierre.

—Que c'était bon! continuait Lully.

—M. de Lully, vous êtes un bien grand musicien.

—M. de Petit-Pierre, vous êtes un bien habile cuisinier.

—Nous sommes deux bien grands hommes.

—Oui, certes, et bien faits pour s'apprécier mutuellement.

—Et pour boire à la santé l'un de l'autre.